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Un témoignage glaçant circule ces jours-ci : un homme, infidèle assumé, raconte comment sa femme, après avoir découvert ses écarts, a basculé dans un comportement inquiétant. D’abord une gentillesse suspecte, puis des nuits passées à le fixer, un couteau à la main, avant de s’adonner à d’étranges rituels aux bougies rouges. « J’ai peur de ma femme », avoue-t-il, envisageant même de fuir chez ses parents. Ce récit, aussi troublant qu’édifiant, révèle une réalité trop souvent ignorée : celle des hommes victimes de violence conjugale, psychologique ou physique, exercée par leurs compagnes.
Pourtant, dans une société prompt à condamner la violence masculine, ces situations peinent à être prises au sérieux. Et si la vraie violence, c’était celle qu’on refuse de voir parce qu’elle ne correspond pas aux stéréotypes ?
La violence conjugale est un fléau universellement condamné, à juste titre. Pourtant, dès qu’il s’agit d’un homme victime, les réactions oscillent entre scepticisme et moquerie. Les chiffres, pourtant, sont là : selon une étude de l’INSEE publiée en 2020, 14% des hommes déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjointe ou ex-conjointe. Pourtant, ces cas restent largement sous-médiatisés, comme si la souffrance masculine était moins légitime. Les stéréotypes genrés ont la peau dure : un homme fort ne peut pas avoir peur, et une femme violente reste une exception, presque une anomalie. Résultat ? Les victimes masculines se taisent, par honte ou par crainte de ne pas être crues.
Dans le témoignage qui nous occupe, l’homme décrit une escalade inquiétante : d’abord une douceur calculée, puis des actes de plus en plus menaçants. Pourtant, son premier réflexe n’est pas de porter plainte ou de chercher de l’aide, mais de songer à fuir. Pourquoi ? Parce que la société ne lui offre ni les mots ni les structures pour exprimer sa détresse. Les associations d’aide aux victimes de violences conjugales sont majoritairement conçues pour les femmes, et les hommes qui osent franchir leur porte se heurtent souvent à l’incompréhension, voire au mépris.
Ce qui frappe dans ce récit, c’est la manière dont l’infidélité de l’homme est immédiatement brandie comme une justification implicite des agissements de sa femme. « Il l’a bien cherché », pourrait-on entendre. Pourtant, rien ne saurait excuser qu’une personne en menace une autre avec une arme, fût-ce un couteau, ou qu’elle instaure un climat de terreur psychologique. La trahison est une faute, mais elle ne donne pas carte blanche à la vengeance.
Pourtant, la manipulation est subtile : en adoptant d’abord une attitude attentionnée, la femme crée un décalage qui rend son comportement ultérieur d’autant plus déstabilisant. C’est une tactique classique de l’emprise : désarmer la victime avant de la dominer. Les bougies, la méditation, le couteau… Ces éléments pourraient presque sembler anodins, pris isolément. Mais leur répétition et leur contexte en font des outils de contrôle. L’homme, déjà coupable aux yeux de la morale, se retrouve piégé : s’il parle, on lui reprochera son infidélité ; s’il se tait, il reste prisonnier de sa peur.
La question est simple : si les rôles étaient inversés, si une femme racontait que son mari la menaçait avec une arme après l’avoir surprise en flagrant délit d’adultère, la réaction serait-elle la même ? Probablement pas. La violence masculine est immédiatement condamnée, analysée, disséquée. Celle des femmes, elle, est souvent minimisée, voire romanticisée. On parle de « crise de nerfs », de « colère passagère », comme si ces excuses suffisaient à gommer la gravité des actes.
La société attend des hommes qu’ils soient forts, invulnérables. Avouer sa peur, c’est risquer d’être traité de « faible » ou de « pleurnichard ». Cette pression sociale empêche les victimes de parler, et quand elles le font, leurs témoignages sont souvent accueillis avec incrédulité. Combien d’hommes ont entendu : « Tu exagères, elle ne te ferait jamais de mal » ? Pourtant, les faits sont têtus : en France, un homme meurt tous les 14 jours sous les coups de sa compagne, selon les données du ministère de l’Intérieur. Des chiffres qui devraient faire réfléchir, mais qui peinent à percer dans le débat public.
Les structures d’accueil pour hommes victimes de violences conjugales sont rares, sous-financées, et peu connues. Résultat : les hommes se retrouvent livrés à eux-mêmes, sans soutien psychologique ni juridique. Dans le cas de notre témoignage, l’homme envisage de retourner chez ses parents, faute de mieux. Une solution désespérée, qui en dit long sur l’absence d’alternatives.
Les rituels nocturnes, le couteau, les bougies rouges… Autant de signes qui devraient alerter. Pourtant, ils sont souvent interprétés comme des « excentricités » ou des « crises de jalousie ». Comme si la violence psychologique était moins grave parce qu’elle ne laisse pas de traces visibles. Pourtant, les spécialistes le rappellent : la violence physique est souvent précédée d’une longue phase de manipulation et d’intimidation. Ignorer ces signaux, c’est prendre le risque de voir la situation dégénérer.
Au Royaume-Uni, le phénomène est mieux documenté. Une étude de l’Université de Cumbria révèle que 40% des victimes de violences conjugales sont des hommes. Le pays a mis en place des lignes d’écoute spécifiques et des campagnes de sensibilisation pour briser le tabou. En Espagne, le gouvernement a reconnu en 2017 que les hommes pouvaient aussi être victimes de violences conjugales, et a adapté sa législation en conséquence. En France, en revanche, le sujet reste largement ignoré, comme si reconnaître la souffrance masculine revenait à minimiser celle des femmes. Une approche aussi dogmatique qu’inefficace.
La violence n’a pas de genre. Pour la combattre, il faut d’abord cesser de la nier quand elle ne correspond pas aux clichés. Le témoignage de cet homme doit servir d’électrochoc : et si, au lieu de rire ou de juger, on écoutait enfin ces victimes silencieuses ? Les hommes aussi ont le droit à la protection, à la compassion, et à la justice.
Il faut sortir des schémas binaires. La violence conjugale, qu’elle soit exercée par un homme ou une femme, est inacceptable. Et ceux qui en sont victimes méritent mieux que des préjugés ou des sourires en coin. Peut-être est-il temps de se demander : si nous refusons de voir cette violence, n’en devenons-nous pas complices ?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 09/09/2025
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