Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Emmanuel Macron, président de la République, s’est exprimé devant des chercheurs et des étudiants à New Delhi lors de sa quatrième visite officielle en Inde, évoquant la régulation des outils numériques et les risques des algorithmes pour le débat public. Il a mis en garde contre les dérives des réseaux sociaux et la progression rapide des discours haineux sans encadrement adéquat.
J’assume ici que la proposition de fixer des règles claires pour les algorithmes ne vise pas à museler la parole, mais à protéger les citoyens et à restaurer un débat public plus sain et plus respectueux.
L’intervention faisait suite à une table ronde sur l’intelligence artificielle et la jeunesse, dans laquelle le président a souligné les conséquences sociétales de flux informationnels non régulés.
J’entends souvent la crainte légitime d’un État qui s’arrogerait le pouvoir de définir la vérité en ligne, mais je pense que cette peur ne doit pas conduire à l’immobilisme. L’écosystème numérique actuel repose sur des logiques de visibilité dictées par des algorithmes opaques qui récompensent l’émotion et la polarisation. Quand le système favorise la viralité des propos les plus extrêmes, le prix payé est élevé: radicalisation, harcèlement, détérioration de la confiance civique. La liberté d’expression ne se réduit pas à la possibilité de dire tout et n’importe quoi sans conséquences; je paraphrase la formule forte du président: « La liberté d’expression, c’est du grand n’importe quoi si personne ne sait comment on est guidé à travers cette soi-disant liberté d’expression. » Cette mise en garde choque, elle interroge, mais elle vise un point concret: la transparence et la responsabilité algorithmique.
Soutenir la régulation ne signifie pas nécessairement adopter un modèle autoritaire. Il existe des pistes pragmatiques et respectueuses des droits qui offrent des garde-fous. Imposer des obligations de traçabilité des décisions algorithmiques, exiger des évaluations d’impact sur les droits fondamentaux, et instaurer des voies de recours réelles pour les personnes ciblées par des mesures automatisées sont des mesures compatibles avec une démocratie ouverte. J’observe deux comparaisons parlantes: la première avec la régulation des médias traditionnels qui, malgré leurs défauts, ont connu des règles visant à limiter l’incitation à la haine; la seconde avec la régulation du secteur financier où la transparence des systèmes a été renforcée après des crises majeures pour protéger les usagers. Ces précédents montrent qu’encadrer ne rime pas automatiquement avec censure.
Primo, la régulation protège les plus vulnérables. Les algorithmes apprennent sur la base des contenus existants et peuvent amplifier les stéréotypes, la désinformation et le harcèlement ciblé contre des minorités. Secundo, la régulation redonne de la responsabilité aux plateformes et les oblige à concevoir des interfaces qui favorisent un débat argumenté plutôt que la confrontation permanente. Tertio, la transparence algorithmique permet aux chercheurs et aux citoyens d’auditer les effets des plateformes sans confier au seul marché la définition des règles du jeu. J’appuie ces arguments sur des constats concrets: augmentation des signalements pour discours haineux, études montrant la capacité des systèmes à préférer le contenu outrancier, et la difficulté des victimes à obtenir réparation sur des plateformes globales.
Plusieurs pays ont commencé à expérimenter des obligations effectives: des audits externes, des obligations de diligence pour les grandes plateformes, et des étiquettes de transparence sur les recommandations. Les premières évaluations montrent une réduction mesurable de la viralité des contenus nuisibles lorsqu’une plateforme modifie ses paramètres de recommandation. Ces résultats confortent l’idée que la régulation peut être efficace sans fermer les espaces d’expression.
J’affirme que la défense de la liberté d’expression passe par des règles qui la préservent des mécanismes qui la déforment. En soutenant la régulation des algorithmes, je défends la liberté réelle des citoyens, leur droit à un débat serein et leur protection contre la haine et la manipulation. Il faut exiger des plateformes qu’elles rendent compréhensibles leurs choix techniques, et demander aux pouvoirs publics de poser des limites claires sans s’arroger le monopole de la parole. La liberté mérite d’être protégée par des règles modernes, transparentes et discutées démocratiquement, et non livrée aux seules lois du marché algorithmique.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 20/02/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





