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L’article factuel publié récemment sur les violences sexuelles subies par les femmes au Sénégal dresse un constat accablant : 8 % des femmes âgées de 15 à 49 ans en sont victimes, et dans 62 % des cas, l’auteur est le conjoint ou partenaire intime. Ces chiffres, déjà alarmants, ne reflètent qu’une partie de la réalité. En tant que citoyen engagé, je ne peux que dénoncer l’inaction persistante face à ce fléau, ainsi que la banalisation sociale et institutionnelle qui permet à ces violences de perdurer, voire de s’aggraver.
Les violences conjugales au Sénégal ne sont pas un phénomène marginal. Selon les dernières données, près d’une femme sur trois a subi une forme de violence au cours de l’année écoulée, et sept femmes sur dix affirment en avoir été victimes au moins une fois dans leur vie de couple. La pandémie de COVID-19 a encore exacerbé la situation, faisant bondir le taux de femmes victimes de 43,8 % à 56,2 %. Pourtant, malgré ces chiffres glaçants, les mécanismes de prévention et de protection restent insuffisants, et les normes sociales continuent de légitimer ces abus sous couvert de « conventions » ou de « vie privée ».
Les conséquences pour les victimes sont dramatiques : troubles psychologiques, perte d’estime de soi, grossesses non désirées, infections sexuellement transmissibles, et isolement social. Pourtant, les dispositifs d’accompagnement peinent à se déployer efficacement. Les centres d’accueil et les services de santé manquent de moyens, et les victimes, souvent dépendantes économiquement de leur agresseur, se retrouvent piégées dans un cycle de violence.
Les violences conjugales ne sont pas seulement le fait d’individus isolés, mais le symptôme d’un système patriarcal qui perpétue des déséquilibres de pouvoir au sein du couple. La société sénégalaise, comme beaucoup d’autres en Afrique subsaharienne, reste marquée par des stéréotypes de genre qui minimisent la gravité de ces actes. Les femmes, par peur de la stigmatisation ou par méconnaissance de leurs droits, hésitent à porter plainte. Les hommes, quant à eux, bénéficient trop souvent d’une impunité de fait, renforcée par des lois mal appliquées et une justice lente.
Face à cette urgence, il est inacceptable que les mesures gouvernementales se limitent à des annonces ou à des campagnes de sensibilisation ponctuelles. En comparaison, des pays comme la France ont mis en place des dispositifs concrets : aides financières d’urgence pour les victimes, bracelets anti-rapprochement, et centres de prise en charge spécialisés. Au Sénégal, malgré l’existence de lois criminalisant le viol et les violences conjugales, leur application reste timide. Les ONG locales, comme Partners West Africa, soulignent une hausse des violences de 40,6 % à 52 % en deux ans, preuve que les réformes législatives ne suffisent pas.
En Afrique subsaharienne, près de 37 % des femmes ont subi des violences physiques ou sexuelles au moins une fois dans leur vie. Des pays comme le Rwanda ou l’Afrique du Sud ont montré qu’une volonté politique forte, couplée à une éducation à l’égalité et à des sanctions exemplaires, peut inverser la tendance. Au Sénégal, en revanche, la réponse reste fragmentée. Les centres d’accueil annoncés à Fatick, Kaolack et Kaffrine sont une avancée, mais leur nombre et leur accessibilité restent insuffisants.
Il est temps de passer des paroles aux actes. La lutte contre les violences conjugales doit devenir une priorité nationale, avec des moyens humains et financiers à la hauteur de l’enjeu. Cela passe par une éducation dès le plus jeune âge, une formation systématique des forces de l’ordre et des soignants, et une protection effective des victimes. Tant que la société sénégalaise tolérera ces violences, elles continueront de détruire des vies. Je lance un appel solennel : brisons le silence, exigeons des comptes, et protégeons enfin celles qui, chaque jour, subissent l’insupportable.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 20/02/2026
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