Le mot « dialogue », issu du terme grec « dialogos », est formé des mots « dia », qui signifie traverser, et « legein », qui se traduit par parler, dire, énumérer. L’étymologie de ce mot révèle que le dialogue consiste à se déplacer vers l’autre à travers la parole.
Cheikh Tidiane s’explique : « Il s’agit d’une conversation dont l’objectif est d’établir un engagement honnête et une meilleure compréhension mutuelle » . Le dialogue se différencie du débat, qui cherche à persuader l’autre, et de la discussion, qui vise à résoudre un problème, à parvenir à un consensus ou à prendre une décision.
Dans le dialogue, notre intention est simplement d’interagir de manière significative afin de mieux comprendre l’autre, de mieux nous comprendre nous-mêmes et de mieux appréhender la relation qui nous unit.
En adoptant cette conception, le dialogue devient une expérience interpersonnelle significative susceptible de nous transformer, car il nous aide à nous voir à travers les yeux de l’autre. Il est donc essentiel que les acteurs du dialogue politique initié par le président Macky Sall intègrent cette dimension profondément humaniste, qui en fait l’outil de référence pour résoudre les conflits.
Le président Macky Sall est quotidiennement attaqué par ses détracteurs, ce qui est une situation normale dans le jeu politique. Il est en droit de revendiquer sa détermination à contenir toute velléité de débordement.
Je le connais suffisamment pour être convaincu qu’il est capable de prendre de la hauteur, mais également de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Comme le disait le président Senghor, « Kilifa ken dou ka xoxatal » (on ne peut marcher sur une personne debout).
Ainsi, si aujourd’hui il ressent la nécessité de réunir à nouveau l’ensemble des acteurs politiques et des forces vives de la nation pour engager un dialogue, il est du devoir de chaque patriote sénégalais de soutenir cette démarche.
Le dialogue peut améliorer notre compréhension de nous-mêmes. En nous plaçant dans la perspective de l’autre, nous gagnons en clairvoyance sur notre propre identité. En tant que musulman, je m’inspire du Prophète Muhammad (Paix et Salut sur lui) qui disait : « Qui se connaît, connaît son Seigneur ».
En effet, si nous simplifions les choses et ne prenons en compte que l’aspect physique, il est évident que pour voir notre propre visage, nous avons besoin d’un support extérieur, tel qu’un miroir. Sans miroir, nous ne pouvons pas voir notre propre visage ! Le Prophète Muhammad (Paix et Salut sur lui) nous enseigne magnifiquement que « le croyant est le miroir du croyant ». Méditons là-dessus ! Sans l’autre, nous ne sommes rien.
Connaître l’autre pour se connaître soi-même, voilà l’essence de l’Islam en tant que religion communautaire. Qui sommes-nous en dehors de la Ummah ? Nous opposons au célèbre « Je pense donc je suis » de Descartes.
Cheikh Tidiane Sy
Ancien ministre
Article écrit par : Claire Mendy
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