Coup d'État en Guinée-Bissau : Les dangers d'un gouvernement militaire - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 15/12/2025 11:12:00

Coup d'État en Guinée-Bissau : Les dangers d'un gouvernement militaire

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L’actualité récente de la Guinée-Bissau a été marquée par l’investiture du général Horta N’Tam en tant que président de la transition, un événement qui soulève de vives inquiétudes quant à l’avenir politique du pays.

La Guinée-Bissau, un pays déjà fragile sur le plan politique, a une histoire récente marquée par des coups d’État et des crises institutionnelles. Le 27 novembre 2025, le général Horta N’Tam a été proclamé président de la transition après que l’armée a annoncé avoir pris le contrôle total du pays. Cette situation rappelle les heures sombres d’autres nations africaines où des militaires ont usurpé le pouvoir, souvent au détriment de la démocratie et de la stabilité.

L’ascension de Horta N’Tam, ancien chef d’état-major de l’armée, s’inscrit dans un contexte où le pays est déjà en proie à des tensions internes. L’annonce de sa prise de pouvoir a été faite lors d’une conférence de presse à Bissau, où l’armée a affiché une assurance inquiétante, semblant justifier son coup d’État par une prétendue menace de déstabilisation par des narcotrafiquants. Ce type de rhétorique est souvent utilisé par des régimes militaires pour légitimer des actions anticonstitutionnelles, créant ainsi un précédent dangereux pour la démocratie.

La situation actuelle en Guinée-Bissau est alarmante pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la détention du président sortant, Umaro Cissoko Embalo, et de plusieurs figures de l’opposition, dont Domingos Simoes Pereira, souligne un climat de répression qui pourrait s’intensifier. La comparaison avec d’autres régimes militaires en Afrique, tels que celui du Soudan, où la répression des dissidents a conduit à des violences massives, est frappante. De plus, la fermeture des commerces et la désertification de la capitale Bissau témoignent d’une peur palpable parmi la population, qui se retrouve piégée dans un climat de terreur.

Ensuite, la réaction internationale à ce coup d’État est révélatrice de l’isolement croissant de la Guinée-Bissau. La Cédéao a condamné fermement l’illégalité de cette prise de pouvoir, tout comme le Ghana, qui a exprimé sa désapprobation. Cette situation rappelle les réactions timides de la communauté internationale face à des coups d’État similaires, où les sanctions tardent à se matérialiser, laissant les régimes militaires prospérer.

L’instabilité politique en Guinée-Bissau s’aggrave avec l’ascension de Horta N’Tam, qui, en tant que militaire, incarne le risque d’un gouvernement autoritaire. Sa prise de pouvoir pourrait être le début d’une ère où les droits civils sont bafoués et où la voix du peuple est étouffée. Les promesses de réouverture des frontières et de stabilisation du pays semblent être des manœuvres destinées à apaiser les craintes, mais elles masquent une réalité inquiétante : celle d’un régime qui pourrait s’installer durablement sur les décombres de la démocratie.

Des études sur les coups d’État militaires en Afrique révèlent que la plupart des régimes issus de telles prises de pouvoir finissent par instaurer des systèmes répressifs, souvent justifiés par un besoin de sécurité. Les récents événements en Guinée-Bissau ne font pas exception et pourraient précipiter le pays vers une spirale de violence et d’oppression. La communauté internationale doit agir rapidement pour éviter que la Guinée-Bissau ne devienne un nouvel exemple tragique de la fragilité des démocraties africaines.

La nomination du général Horta N’Tam en tant que président de la transition en Guinée-Bissau est un signal alarmant de l’aggravation de l’instabilité politique. Les risques d’un gouvernement autoritaire se dessinent, menaçant la démocratie et les droits fondamentaux des citoyens. Il est impératif que la communauté internationale prenne des mesures concrètes pour soutenir la démocratie et les droits humains dans ce pays.

Les citoyens et les acteurs de la société civile doivent rester vigilants et s’engager activement pour défendre les valeurs démocratiques. Il est essentiel d’élever la voix contre l’injustice et de soutenir les mouvements qui luttent pour la liberté et la démocratie en Guinée-Bissau.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Samba Ndour.
Mis en ligne : 15/12/2025

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