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Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a récemment décrété l’état d’urgence sécuritaire national, une décision qui semble tardive face à une crise d’insécurité déjà bien ancrée dans le pays. Cette réponse hâtive soulève des questions quant à l’efficacité des mesures proposées et à la capacité du gouvernement à gérer une situation qui s’est détériorée depuis des années.
Le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, est confronté à une montée alarmante de la violence, avec des attaques récurrentes dans plusieurs régions. Des élèves et des enseignants kidnappés dans l’État de Niger, des lycéennes enlevées au Kebbi, et des fidèles ciblés au Kwara témoignent d’une insécurité omniprésente. La situation dans le Borno, où de nombreuses jeunes filles sont prises pour cible, illustre l’ampleur de la crise. Ce climat de peur et d’incertitude a conduit le président à prendre des mesures qu’il présente comme radicales, mais qui semblent, pour beaucoup, être une réaction désordonnée à une problématique complexe.
La décision de Tinubu de lancer une refonte complète des forces de l’ordre, en prévoyant le recrutement de 20 000 agents supplémentaires, s’apparente à une tentative de colmater une brèche béante. Le fait de mettre fin aux escortes policières pour personnalités publiques afin de redéployer les effectifs vers les zones à risque est une mesure qui, bien que louable, apparaît comme une solution improvisée.
Les mesures annoncées par le président, telles que le déploiement immédiat des gardes forestiers pour traquer les terroristes, semblent plus être des gestes symboliques qu’une véritable stratégie de sécurité. De plus, la volonté de Tinubu d’interdire le pâturage libre au profit de l’élevage en ranch et le désarmement des détenteurs d’armes illégales, bien qu’importants, ne s’attaquent pas aux racines profondes du problème. Ces initiatives apparaissent comme des pansements sur une plaie béante, sans véritable plan de long terme pour restaurer la paix et la sécurité.
L’état d’urgence sécuritaire national, bien qu’il puisse sembler être une réponse appropriée, est en réalité une admission de l’échec du gouvernement à gérer une crise qui s’est intensifiée au fil des ans. Les critiques sur la mauvaise répartition des effectifs de sécurité soulignent une gestion déficiente des ressources, et la réaction actuelle de Tinubu semble plus être une tentative de sauver la face qu’une véritable volonté de réformer en profondeur le système de sécurité nigérian.
Des experts en sécurité affirment que le Nigeria a besoin d’une approche holistique pour traiter les causes de l’insécurité, comme la pauvreté, l’absence d’éducation et le manque d’opportunités économiques. Les mesures de sécurité, sans un soutien socio-économique adéquat, risquent d’être inefficaces. Comme le souligne un analyste, « sans une véritable volonté politique et des réformes structurelles, les initiatives sécuritaires ne sont que des coups d’épée dans l’eau ».
L’état d’urgence sécuritaire décrété par Bola Ahmed Tinubu semble être une réponse tardive et désordonnée à une crise déjà bien installée. Les mesures annoncées, bien qu’elles puissent paraître ambitieuses, manquent de profondeur et de vision à long terme. Il faut que les dirigeants nigérians prennent conscience de la nécessité d’une approche intégrée pour restaurer la sécurité et la confiance au sein de la population.
Les citoyens nigérians doivent s’engager activement dans le débat public sur la sécurité et exiger des solutions durables. Il ne faut pas se contenter de promesses, mais de réclamer des actions concrètes et responsables de la part de leurs dirigeants.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Christine H.
Mis en ligne : 15/12/2025
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