Affaire West Africa Energy : Une décision qui fait trembler les procédures bâclées - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 30/01/2026 07:01:50

Affaire West Africa Energy : Une décision qui fait trembler les procédures bâclées

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Le 27 janvier 2026, la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a annulé l’ordonnance de renvoi visant Samuel Amète Sarr, ancien ministre de l’Énergie, ainsi que l’ordonnance de soit-communiqué liée à l’affaire dite West Africa Energy. La décision fait suite à la saisine de la défense et remet en cause des actes d’instruction rendus à Dakar. L’ancien ministre avait été placé sous mandat de dépôt au cours de la procédure.

J’estime que cette décision constitue une victoire de la présomption d’innocence et qu’elle renforce la confiance dans la protection des droits individuels face aux rouages judiciaires. L’annulation n’efface pas les questions soulevées par les parties civiles, mais elle rappelle que la justice doit d’abord respecter ses propres règles avant de sanctionner.

La procédure avait été instruite par un juge du Tribunal de grande instance de Dakar à l’issue d’une enquête ouverte sur des faits liés à des activités énergétiques. La défense avait dénoncé des irrégularités et demandé l’annulation des actes.

Je veux d’abord souligner l’importance symbolique et pratique de la décision. Sur le plan symbolique, la Chambre d’accusation a posé un garde-fou contre la tentation d’expédier des dossiers sensibles au gré de pressions médiatiques ou politiques. Sur le plan pratique, l’annulation des actes contestés protège l’intégrité d’une procédure pénale: si les conditions légales du renvoi ne sont pas réunies, les droits de la défense sont menacés et la confiance du public dans le système judiciaire s’érode.

La présomption d’innocence n’est pas un concept abstrait réservé aux traités internationaux, elle est le ciment des garanties processuelles quotidiennes. Quand un magistrat d’instruction voit ses décisions annulées, cela doit alerter les institutions sur la nécessité de respecter strictement les exigences procédurales. Je perçois la décision de la Chambre comme une récompense de la vigilance procédurale: elle exige une instruction bien étayée, des motifs clairs et le respect des droits de la personne mise en cause.

Premièrement, la défense a le droit de contester des actes qui fragilisent la crédibilité du procès. J’estime que la Chambre n’a pas rendu une faveur à une personnalité, elle a réaffirmé une règle. La remise en liberté ou l’annulation d’une ordonnance ne doit pas être lue comme un certificat d’innocence définitif, mais comme la constatation que la procédure ne respectait pas ses propres normes. Cette nuance protège la personne et la société, car une procédure bâclée n’enrichit ni la vérité ni la sécurité juridique.

Deuxièmement, la décision rétablit un équilibre nécessaire entre la lutte contre la corruption présumée et la protection des libertés individuelles. Une instruction menée sans impartialité fragilise tout l’édifice judiciaire. J’observe que la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires est comparable à la confiance dans une monnaie: si elle vacille, les transactions sociales deviennent plus coûteuses. À l’inverse, une justice respectueuse des formes renforce la stabilité démocratique de manière franche.

Troisièmement, cette décision a un effet pédagogique pour les acteurs judiciaires. Les juges d’instruction et les enquêteurs savent dorénavant que leurs actes seront scrutés et que les procédures irrégulières se paieront par l’annulation. Cela peut freiner l’acharnement procédural dont la défense a parlé et encourager des enquêtes plus rigoureuses, plus documentées et plus impartiales.

Des juridictions étrangères ont connu des retournements semblables lorsque des procédures bâclées ont conduit à l’annulation d’actes, puis à une perte de confiance publique. Je pense au cas de dossiers économiques où des perquisitions mal motivées ont conduit à des jugements ultérieurs. La comparaison illustre que le risque est universel: sans respect des règles, les mises en examen peuvent devenir des instruments de stigmatisation plutôt que de justice.

Je défends la thèse selon laquelle la Chambre d’accusation a rendu une décision salutaire pour l’État de droit en rappelant que la procédure prime sur l’affolement médiatique et sur les gesticulations politiques. La décision renforce la protection des droits individuels, elle oblige les magistrats à plus de rigueur et elle restaure en partie la confiance du public dans la justice. Rester vigilant ne signifie pas fermer les enquêtes, mais exiger que chaque étape soit conforme aux règles qui garantissent la liberté et la dignité des personnes mises en cause. J’attends maintenant que cette énergie procédurale se traduise en pratiques durables au sein des institutions judiciaires.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Pascaline Gomis.
Mis en ligne : 30/01/2026

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