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Un article récent du Soleil et d’allAfrica révèle une pratique aussi répandue qu’alarmante à Linguère : l’utilisation de papier de ciment pour emballer la viande grillée, une habitude qui expose les consommateurs à des risques sanitaires graves et évitables. Si cette méthode est ancrée dans les habitudes locales, elle n’en reste pas moins un danger public qu’il est urgent de dénoncer et d’éradiquer.
Le papier de ciment, conçu pour le bâtiment, contient des encres industrielles, des colles, des agents imperméabilisants et parfois des résidus de ciment. Sous l’effet de la chaleur, ces substances migrent vers la viande, contaminant l’aliment et mettant en péril la santé des consommateurs. Pourtant, malgré les alertes, cette pratique persiste, faute de sensibilisation et de contrôle rigoureux.
Les propriétaires de grilladeries invoquent souvent l’ignorance : « On ne m’a jamais sensibilisé sur les risques », confie un gérant anonyme. Pourtant, les autorités sanitaires sont conscientes du danger, capable d’engendrer des maladies cancérigènes. Le service départemental d’hygiène de Linguère est interpellé, mais les descentes sur le terrain se font attendre. Cette inertie est d’autant plus incompréhensible que des alternatives sûres existent : papier aluminium, sachets kraft biodégradables, ou emballages alimentaires certifiés. Le problème n’est donc pas technique, mais bien une question de volonté politique et de responsabilité collective.
Les substances chimiques présentes dans le papier de ciment sont reconnues pour leur toxicité. Leur migration vers les aliments, surtout sous l’effet de la chaleur, est un phénomène documenté et dangereux. Les autorités sanitaires sénégalaises, comme leurs homologues européennes, imposent des normes strictes pour les emballages alimentaires. Ignorer ces règles, c’est accepter de sacrifier la santé publique sur l’autel de la facilité.
La réglementation existe, mais son application est défaillante. Les commerçants demandent de l’aide pour accéder à des solutions sûres, mais les réponses tardent. Pourtant, des entreprises locales proposent déjà des emballages alimentaires adaptés et abordables. Le manque de coordination entre les acteurs publics et privés aggrave la situation.
Dans d’autres pays, l’utilisation de matériaux non conformes pour l’emballage alimentaire est sévèrement réprimée. En Europe, par exemple, les emballages doivent respecter des normes HACCP strictes, sous peine de sanctions. Au Sénégal, la tolérance envers cette pratique révèle un laxisme qui pourrait coûter cher en termes de santé publique.
L’utilisation du papier de ciment pour emballer la viande à Linguère n’est pas une fatalité, mais le résultat d’un manque de rigueur et de solidarité. Les autorités, les commerçants et la société civile doivent agir ensemble pour imposer des alternatives sûres et sensibiliser les populations. La santé des consommateurs ne peut être négociable. Il est temps de passer des paroles aux actes, avant que le bilan sanitaire ne s’alourdisse.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Samba Kane.
Mis en ligne : 04/02/2026
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