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Abdoulaye Bâ, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, est décédé le lundi 9 février lors de violences survenues au Campus social de l’université à Dakar. Admis dans l’après-midi au service médical du Centre des œuvres universitaires de Dakar dans un état critique, il est mort avant son transfert vers l’Hôpital Principal; sa dépouille a été conduite à l’Hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff.
La nouvelle a suscité une vive émotion chez les étudiants et dans la société civile, révélant une succession de défaillances autour de la prise en charge médicale, de la sécurité sur le campus et du respect de la dignité des familles.
L’étudiant, âgé d’une vingtaine d’années et inscrit à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie, était orphelin de père et reconnu pour son sérieux académique; une photo le montrait en blouse blanche, concentré sur un mannequin d’entraînement.
Le décès d’Abdoulaye Bâ met en lumière des manquements concrets au sein du système universitaire. Selon le président de l’Amicale des étudiants, Cheikh Atab Sagna, le jeune homme est arrivé au service médical en « peinant à respirer », ce qui pose la question de la réactivité et des moyens disponibles au Centre des œuvres universitaires de Dakar. Les délais entre l’admission, la décision de transfert et le décès signalent des ruptures dans la chaîne de secours médicale sur le campus. L’acheminement ultérieur de la dépouille vers un autre hôpital ajoute de la confusion administrative et interroge la gestion post-mortem.
Premièrement, l’absence apparente de protocoles d’urgence robustes sur le campus expose la vulnérabilité des étudiants lors d’événements violents. Les faits montrent qu’un transfert vers un établissement mieux équipé était prévu mais n’a pas été effectué à temps. Deuxièmement, la sécurité générale du Campus social semble insuffisante face aux tensions: la survenue de violences dans un lieu qui devrait être sécurisé révèle des lacunes organisationnelles et de prévention. Troisièmement, la gestion de la dépouille et le manque d’information aux proches illustrent une atteinte à la dignité des familles et un vide procédural entre établissements de santé universitaires et hôpitaux publics.
Le cas d’Abdoulaye Bâ éclaire un problème systémique plutôt qu’un incident isolé: quand un étudiant en blouse, engagé dans ses études, meurt après une admission critique sans transfert effectif, cela signale des faiblesses structurelles. Comparé à des campus internationaux où des équipes d’intervention médicale campus existe nt et où la coordination hospitalière est formalisée, l’organisation à Dakar révèle un décalage notable. Comparé aussi à d’autres établissements nationaux qui ont mis en place des cellules de crise, l’Université Cheikh Anta Diop paraît souffrir d’un défaut d’anticipation et de gouvernance face à la violence étudiante.
Des éléments vérifiables viennent renforcer ce diagnostic: la concentration d’étudiants dans des secteurs précaires du campus, l’insuffisance chronique de moyens hospitaliers publics et les tensions sociales récurrentes chez les jeunes créent un terrain propice aux drames. Des rapports antérieurs sur la sécurité universitaire au Sénégal soulignent l’absence de procédures standardisées pour les urgences médicales sur les campus et recommandent la formation de brigades médicales et la clarification des chaînes de responsabilité entre services universitaires et hôpitaux.
Le décès d’Abdoulaye Bâ n’est pas seulement la perte d’un étudiant prometteur; il est le signal d’alerte d’un système qui n’a pas sécurisé la vie, la santé et la dignité des jeunes sur son territoire. Les faits rassemblés montrent des retards de prise en charge, une coordination floue entre structures et une gestion administrative inadaptée de la dépouille. Tant que l’université et les autorités sanitaires n’établiront pas des protocoles clairs et des moyens d’intervention immédiats, les campus resteront des lieux où la vulnérabilité des étudiants peut se traduire en drame humain.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Mounass N.
Mis en ligne : 11/02/2026
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