Drame à Kédougou : Un père déféré après la mort de ses deux enfants - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Eva | Publié le 12/02/2026 10:02:40

Drame à Kédougou : Un père déféré après la mort de ses deux enfants

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Le 5 février 2026, M. Dagnokho, un orpailleur de 28 ans, s’est présenté devant les forces de sécurité à Khossonto, département de Saraya (région de Kédougou), pour signaler la disparition de ses deux enfants, Mamady, 3 ans, et Sadio, environ 10 ans. L’enquête a débouché sur des aveux et la découverte des corps dans un puits minier de trente mètres, les autopsies révélant des traumatismes crâniens. Le suspect a été déféré devant le Tribunal de grande instance de Kédougou et le parquet envisage des poursuites pour assassinat.

La nouvelle a heurté la communauté locale et posé des questions sur l’accompagnement des familles en détresse. Le récit factuel reste froid: il avait d’abord affirmé que « ils sont allés au marché », puis il a expliqué avoir agi après le départ de son épouse, évoquant un « conflit conjugal ».

La zone concernée est une région aurifère isolée où les services publics, y compris les services de santé mentale, sont peu présents. L’affaire intervient dans un contexte général de ressources limitées pour la prévention et le soutien psychologique en milieu rural.

Les éléments judiciaires sont tranchants et tragiques: deux enfants retrouvés inanimés dans un puits minier et des traumatismes crâniens confirmés par autopsie. Ces faits établissent la réalité d’un acte criminel commis par un proche et soulèvent, sans interprétation gratuite, la question des conditions qui peuvent précipiter de tels gestes dans des milieux isolés. Les enquêtes judiciaires détermineront les responsabilités pénales, mais les données disponibles montrent aussi l’absence de réponses sociales et sanitaires adaptées dans la région.

Les régions minières et rurales du Sénégal disposent de peu de structures spécialisées et la plupart des professionnels de santé mentale sont concentrés dans les centres urbains. Ce déséquilibre laisse des familles sans accès rapide à une aide psychologique en cas de crise conjugale, de dépression ou de comportements violents émergents.

L’éloignement géographique et les difficultés de transport retardent l’accès aux centres de santé généraux, et il n’existe pas de réseau systématique de prise en charge psychologique mobile ou communautaire dans les localités comme Khossonto. La prévention active et la détection précoce des troubles psychiques sont donc limitées, ce qui augmente le risque de passage à l’acte dans des situations de rupture familiale.

Les acteurs locaux, y compris les agents de santé communautaire et les autorités municipales, n’ont souvent pas reçu de formation suffisante pour repérer les signes de détresse psychologique ou pour orienter vers des services spécialisés. À titre de comparaison, dans la capitale, l’offre de soins et de soutien est plus dense, tandis que dans les zones minières la réponse reste principalement curative et centrée sur les urgences physiques.

Les observations issues des organismes internationaux indiquent que dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest les ratios de professionnels en santé mentale restent faibles et que les services sont concentrés en milieu urbain. Des modèles de prise en charge communautaire et de téléconsultation ont montré des effets positifs ailleurs, mais leur déploiement reste limité dans les zones aurifères et rurales.

Les faits judiciaires sont incontestables: deux enfants sont morts et un père a été mis en examen pour assassinat. Au-delà de la nécessité d’une réponse pénale, cette tragédie met en lumière l’insuffisance des dispositifs de santé mentale accessibles aux familles isolées, l’absence de prévention locale et le retard d’intervention en cas de crise. La connaissance factuelle de ces manques éclaire la nature du risque: sans structures de proximité et sans repérage précoce, les situations familiales explosives peuvent dériver vers des actes irréparables. Les suites judiciaires préciseront la responsabilité pénale, mais les carences structurelles resteront visibles tant que l’accès au soutien psychologique ne sera pas renforcé sur le terrain.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Khadim B.
Mis en ligne : 12/02/202
6

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top