Écoles désertées à Dakar et Thiès : La contestation s’étend - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Education | Par Eva | Publié le 12/02/2026 07:02:50

Écoles désertées à Dakar et Thiès : La contestation s’étend

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Les écoles secondaires de Dakar et de Thiès ont observé une grève mercredi 11 février 2026, en solidarité avec des étudiants évacués des campus universitaires à la suite de violences liées au non-paiement des rappels de bourses. Le mouvement a entraîné une désertification importante des salles de classe et des perturbations générales de l’enseignement public dans ces deux villes. Les autorités n’ont pas communiqué de plan d’urgence immédiatement après les incidents.

La propagation du mouvement révèle une incapacité administrative à protéger l’école publique et à garantir la continuité pédagogique, aggravée par l’absence de mesures préventives et de coordination entre ministères.

La crise trouve son origine dans des tensions financières relatives au versement des arriérés de bourses, qui ont dégénéré en affrontements sur certains campus depuis la semaine précédente, puis se sont étendues aux établissements secondaires voisins.

Le premier élément factuel à souligner est la portée géographique du mouvement: Dakar et Thiès, centres urbains majeurs, concentrent un grand nombre d’établissements scolaires et de lycées, ce qui expose un nombre élevé d’élèves à des interruptions d’enseignement. Les statistiques ministérielles récentes montrent que ces académies regroupent une part significative des effectifs nationaux, sans que l’on observe de dispositif de continuité pédagogique activé au moment des faits. Ce vide opérationnel traduit un défaut de planification administrative pour faire face aux crises estudiantines qui débordent du périmètre universitaire.

Ensuite, l’absence de communication claire de la part des rectorats et du ministère de l’Éducation a laissé les chefs d’établissement sans directives précises. Les chefs d’établissement ont pour mission d’assurer la sécurité des élèves; or plusieurs rapports locaux indiquent que des personnels administratifs ont reçu des consignes contradictoires ou tardives, ce qui a freiné toute réponse coordonnée et a contribué à la fermeture de classes. Ce manque de chaîne décisionnelle est une défaillance structurelle qui met en danger la mission fondamentale de l’école publique.

La gestion des bourses et des paiements constitue un facteur déclencheur concret et vérifiable. Les retards de versement, pour des montants définis par les services compétents, ont produit une colère qui n’a pas été anticipée par les autorités financières. La question administrative du traitement des rappels de bourses révèle une faiblesse des systèmes de gestion des flux financiers publics et une absence de mécanismes de médiation immédiate entre universités, étudiants et tutelles.

Sur le plan pédagogique, l’interruption des cours engendre un retard d’apprentissage mesurable: des calendriers scolaires officiels prévoient déjà un nombre d’heures suffisant pour couvrir les programmes, mais les grèves non programmées créent un décalage qui risque d’alourdir la charge de rattrapage pour les enseignants et d’accroître l’inégalité entre élèves. La situation met en évidence l’absence d’un plan de secours pédagogique, tel que des modules de rattrapage centralisés ou des ressources numériques mises à disposition par l’État.

Comparativement, des pays confrontés à des mouvements étudiants ont parfois activé des cellules de crise interministerielles et des protocoles de continuité scolaire. Ici, la lenteur de réaction et le flou des instructions administratives montrent un déficit de préparation comparable à celui observé lors de crises antérieures moins médiatisées, ce qui soulève la question du renforcement institutionnel.

Les faits rassemblés pointent vers plusieurs déficits: manque de coordination entre ministères, absence de procédures de crise adaptées aux établissements scolaires, et faiblesse des mécanismes financiers pour prévenir les tensions liées aux bourses. Ces éléments factuels suffisent à documenter une incapacité des autorités à protéger l’école publique lorsque la contestation universitaire déborde sur l’enseignement secondaire.

Des données sur le nombre d’élèves affectés et sur la durée moyenne des interruptions scolaires lors de mouvements similaires indiquent que chaque jour de fermeture peut réduire significativement la progression annuelle d’un élève. L’analyse des processus administratifs de versement de bourses fait apparaître des étapes multiples et des points de blocage possibles au niveau des services financiers, sources identifiables des retards.

Les perturbations observées à Dakar et à Thiès traduisent plus qu’un mouvement de solidarité: elles mettent à nu des lacunes administratives et organisationnelles qui empêchent l’État de protéger l’école publique dans les moments de crise. Les faits exposés montrent un besoin urgent de protocoles de gestion de crise, d’une meilleure coordination interinstitutionnelle et d’un renforcement des circuits financiers pour éviter que des dysfonctionnements ponctuels n’aboutissent à la privation d’enseignement pour des milliers d’élèves. Une action factuelle et structurée s’impose pour restaurer la continuité scolaire.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Badara G.
Mis en ligne : 12/02/202
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