Mbour sous choc : Un rituel de guérison tourne au drame - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Eva | Publié le 13/02/2026 02:02:50

Mbour sous choc : Un rituel de guérison tourne au drame

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Je suis fâché et frappé par l’histoire de Mbour, où un prétendu rituel de guérison a laissé une adolescente muette et une famille dévastée. Ce qui devait être un secours est devenu une mise en danger, et je refuse de laisser passer la facilité avec laquelle des individus se présentent en sauveurs sans assumer les conséquences. L’affaire soulève des questions sur la crédulité, l’imposture et la responsabilité.

Le 23 janvier, à Diass, trois couples de ressortissants nigériens ont été arrêtés après l’intervention sur une adolescente dont la mère, veuve et vendeuse de poisson à Samekedji, avait cru à une possession. Les mis en cause circulaient dans le département en se présentant comme guérisseurs et ont proposé un rituel pour 500 F CFA, puis demandé 3 000 F CFA supplémentaires pour parachever le traitement. Selon les éléments de l’enquête, l’un d’eux a utilisé une grande feuille couverte de signes et du sable ramassé dans la cour, posé la feuille sur la tête de la jeune fille pendant que les autres procédaient à des massages avec des talismans. Après leur départ, la jeune fille a eu une crise violente, déchiré ses vêtements, ingéré du sable et, à son réveil, perdu la parole.

Je vois dans cette scène plusieurs strates d’irresponsabilité. D’abord, la mise en scène rituelle: la feuille, le sable, le basculement supposé de la couleur comme preuve d’un mal invisible. Ces actes reposent sur une manipulation qui joue sur la peur et l’espoir d’une famille déjà fragilisée. Ensuite, le passage à l’acte médicalisé sans compétence réelle: il y a ici un exercice illégal de la pharmacie et une mise en danger manifeste. Les accusés admettent avoir donné des « soins » mais récusent leur responsabilité dans l’état de la fille. J’estime que la logique qui consiste à soigner sans diplôme et à monnayer la détresse doit être confrontée au droit et à la morale.

Je défends l’idée que la justice doit frapper fort lorsque l’illusion tue ou laisse des séquelles irréversibles. La plainte déposée à la brigade de gendarmerie de Diass et les réquisitions du parquet qui qualifie cela de charlatanisme criminel vont dans le bon sens; la demande de deux ans d’emprisonnement ferme et d’une amende traduit la gravité des faits. J’insiste aussi sur la nécessité de considérer la victime: l’adolescente qui tente, par des gestes, de réclamer sa voix, interpelle notre humanité. Les six personnes appréhendées ne peuvent se retrancher derrière la prétendue bonne foi quand leurs pratiques ont infligé un dommage durable.

Je refuse de minimiser la complexité culturelle qui entoure les pratiques de guérison populaire, mais je n’accepte pas que cette complexité serve d’écran pour des pratiques dangereuses. La famille de la jeune fille a agi par souffrance et par croyance; la communauté a le devoir de protéger ses membres les plus vulnérables et d’exiger des interventions fondées sur la sécurité. J’observe aussi la marchandisation du surnaturel: des prix demandés, des gestes ritualisés comme produits détachés et vendus. Cette logique transforme la vulnérabilité en opportunité de profit, et c’est moralement intolérable.

Je m’en tiens aux faits rapportés: la succession des gestes rituels, la violence de la crise, l’ingestion du sable et la perte de la parole. Aucun élément nouveau n’est ajouté ici, mais je tire de ces faits la nécessité d’une réponse cohérente des autorités. La présence d’une plainte, l’arrestation et la comparution devant le parquet montrent qu’il existe des voies judiciaires pour affronter ce type de pratiques. Il faut que ces voies restent accessibles et qu’elles donnent une protection réelle aux victimes.

Je veux que cette affaire serve d’avertissement net: laisser prospérer des guérisseurs sans contrôle encourage les drames. La voix absente de cette adolescente résonne comme une accusation contre l’imposture et contre notre indifférence collective. Je demande que la justice soit ferme, que la communauté protège les plus faibles et que l’on remette en question la complaisance envers des pratiques qui, sous couvert de tradition, exposent des vies. Je garde l’espoir que la procédure apportera une forme de réparation et que l’on tirera des leçons pour éviter qu’un rituel mystique ne tourne encore au cauchemar.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 13/02/202
6

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top