Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Le rapport Electricity 2026, publié en février 2026 par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), indique que le Sénégal est en voie d’atteindre l’accès universel à l’électricité dès 2029. Ce résultat s’appuie sur l’Energy Compact du pays dans le cadre de l’initiative Mission 300, qui prévoit une hausse annuelle du taux d’accès de 2,9 %, permettant la couverture totale avant l’échéance mondiale de l’ODD7 en 2030. Ces éléments posent un cadre chiffré et temporel précis pour la stratégie sénégalaise.
Le Sénégal voit ici une promesse concrète se dessiner: électrifier les derniers foyers rime avec réduire des écarts historiques entre villes et campagnes, donner de l’espace aux entrepreneurs locaux et ouvrir l’accès des agriculteurs à des outils technologiques susceptibles d’améliorer rendement et valeur ajoutée.
La trajectoire d’augmentation de 2,9 % par an découle d’investissements publics et privés ciblés sur les réseaux, les mini-grids et les solutions photovoltaïques décentralisées, selon les données présentées par l’AIE dans le rapport précité.
L’accès universel attendu modifie les conditions structurelles entre zones urbaines et rurales par trois mécanismes complémentaires. D’abord, l’extension des réseaux et le déploiement de systèmes hors-réseau réduisent l’écart d’infrastructures: là où des villages dépendaient de lampes à pétrole ou de générateurs coûteux, l’électricité stable permet l’éclairage, la réfrigération et la connectivité. Ensuite, l’amélioration de la fiabilité alimente des activités productives après le coucher du soleil, transformant des foyers en ateliers ou en points de vente et prolongeant les heures de travail. Enfin, l’électrification favorise l’implantation de services essentiels, comme la santé et l’éducation, qui contribuent à l’égalité des chances entre territoires.
Sur le plan entrepreneurial, l’électricité ouvre la voie à des microentreprises de transformation locale: meunerie électrique, froid pour les produits périssables, usinage léger et services numériques. Ces activités augmentent les revenus locaux, créent des emplois non agricoles et dynamisent les marchés ruraux. Pour l’agriculture, l’accès à l’énergie permet l’irrigation électrique, le séchage contrôlé, la conservation frigorifique et l’utilisation d’instruments de précision pour la gestion des intrants. Ces technologies réduisent les pertes post-récolte et améliorent la qualité des produits, rendant possible un meilleur accès aux chaînes de valeur nationales et à l’exportation.
Comparaison aide à situer l’enjeu: atteindre la couverture totale un an avant l’ODD7 signifie pour le Sénégal devancer un calendrier international et offrir un horizon de stabilité aux investisseurs et aux collectivités. Une comparaison entre exploitation agricole non électrifiée et exploitation électrifiée illustre la différence: des pompes solaires et un stockage réfrigéré prolongent la durée de conservation, augmentent la marge commerciale et réduisent la dépendance aux intermédiaires.
Des initiatives pilotes au Sénégal et dans la sous-région ont déjà montré des impacts mesurables: des coopératives équipées de systèmes de froid enregistrent moins de pertes, tandis que des centres de services numériques alimentés en électricité voient croître l’accès aux informations de marché. Les modèles de financement innovants — partenariats public-privé, microcrédit pour équipements solaires, tarifs sociaux ciblés — figurent parmi les leviers mobilisés pour transformer la promesse de l’AIE en réalisations durables.
Le calendrier fixé par l’AIE et l’Energy Compact place le Sénégal sur une trajectoire favorable pour transformer l’accès à l’électricité en moteur de réduction des inégalités territoriales, d’essor entrepreneurial et de modernisation agricole. Si les investissements se concrétisent et si les solutions décentralisées atteignent les zones les plus isolées, les ménages ruraux pourront gagner en sécurité énergétique, les entrepreneurs créer des emplois locaux, et les agriculteurs adopter des technologies qui augmentent la productivité et la valeur de leurs récoltes. Ce chemin vers la couverture totale dessine une perspective tangible de développement inclusif pour le pays.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Moussa D.
Mis en ligne : 15/02/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





