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L’article récent révélant la précarité de la position de Véron Mosengo-Omba à la tête de la Confédération africaine de football (CAF) soulève des questions fondamentales sur la gouvernance du football africain. Malgré sa relaxe par la justice suisse en janvier 2025 pour des soupçons de fraude et de blanchiment, le secrétaire général de la CAF reste une figure profondément contestée, dont le mandat a expiré depuis octobre 2025. Plusieurs membres de la CAF exigent désormais son départ, tandis que le président Patrice Motsepe, par des déclarations évasives, semble temporiser.
Je me permets d’exprimer ici mon inquiétude face à cette situation, qui illustre une fois de plus les dérives d’une gouvernance opaque et les enjeux de légitimité qui minent l’institution.
Véron Mosengo-Omba, Suisso-Congolais de 54 ans, a été au cœur de multiples polémiques depuis son arrivée à la CAF. Accusé d’avoir perçu des bonus cinq fois supérieurs à ceux autorisés par son contrat, il a également été impliqué dans une affaire de documents brûlés, révélant des failles graves dans la transparence et la gestion de l’instance. Bien que la justice suisse ait classé l’enquête pour absence de preuves suffisantes, les doutes persistent : un non-lieu ne signifie pas une absence de dysfonctionnements. Son maintien à la tête de la CAF, malgré l’expiration de son mandat, interroge sur la capacité de l’organisation à se réformer et à garantir une direction intègre et crédible.
La défense de Mosengo-Omba par Motsepe, fondée sur des « règles et règlements » internes, sonne comme une tentative de gagner du temps plutôt que de résoudre un problème de fond. Les allégations de fraude, les soupçons de gestion déloyale et les tensions internes révèlent une crise de confiance profonde. La CAF, en refusant de trancher clairement, prend le risque de s’enliser dans une logique de protection des intérêts individuels au détriment de l’intérêt collectif. Pire, cette situation affaiblit la crédibilité de l’institution aux yeux des partenaires, des sponsors et des supporters, alors que le football africain devrait se concentrer sur des enjeux sportifs majeurs, comme l’organisation de la CAN 2025 au Maroc.
Premièrement, la relaxe judiciaire ne doit pas être confondue avec une absolution morale ou managériale. Les enquêtes internes ont mis en lumière des pratiques douteuses et un environnement de travail décrit comme « stressant, contraire à l’éthique et non professionnel ». Deuxièmement, le fait que deux candidats se positionnent déjà pour lui succéder – Samson Adamu, favori des membres de la CAF, et Gilson Fernandez, soutenu par la FIFA – montre que l’heure est à la transition, pas à la prolongation d’un mandat contesté. Enfin, l’ingérence perçue de la FIFA dans ce processus, en proposant Gilson Fernandez, soulève la question de l’autonomie de la CAF : une succession imposée de l’extérieur ne ferait qu’aggraver la crise de légitimité.
Cette crise rappelle les scandales qui ont ébranlé la FIFA ces dernières années, notamment les affaires de corruption liées à l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022. Comme à la FIFA, où la gouvernance a souvent été critiquée pour son opacité et son manque de démocratie, la CAF semble reproduire les mêmes erreurs : concentration du pouvoir, absence de transparence, et résistance au changement. À l’inverse, l’UEFA a engagé des réformes pour renforcer sa gouvernance, montrant qu’une autre voie est possible.
Le football africain mérite mieux qu’un dirigeant dont la légitimité est constamment remise en cause. La succession de Mosengo-Omba doit être l’occasion d’un nouveau départ, fondé sur la transparence, la compétence et l’indépendance. Samson Adamu, avec son expérience des compétitions, ou Gilson Fernandez, avec le soutien de la FIFA, pourraient incarner ce renouveau – à condition que le choix soit fait dans l’intérêt du football africain, et non sous la pression de lobbies ou d’intérêts particuliers. La CAF doit saisir cette opportunité pour restaurer la confiance et prouver qu’elle est capable de se gouverner avec rigueur et éthique. L’avenir du football africain en dépend.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/02/2026
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