Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Je prends acte du communiqué rassurant du Ministère des Finances et du Budget suite à l’incendie survenu dans la nuit du 15 au 16 février 2026. L’intervention rapide des sapeurs-pompiers, saluée à juste titre, a permis d’éviter le pire : pas de victimes, une situation maîtrisée, et la continuité des services publics. Pourtant, derrière cette gestion de crise apparemment exemplaire, se cachent des failles systémiques qui méritent une attention urgente.
Les incendies dans les administrations publiques africaines ne sont malheureusement pas des cas isolés. En Côte d’Ivoire, au Bénin, au Ghana ou encore au Cameroun, les marchés, les ministères et les bâtiments administratifs sont régulièrement la proie des flammes, souvent en raison de dysfonctionnements profonds : manque de protocoles de sécurité adaptés, infrastructures vétustes, et absence de culture préventive généralisée. Ces incidents révèlent une réalité inquiétante : malgré les progrès en matière de réactivité, la prévention et la préparation restent insuffisantes. L’archivage physique, par exemple, souffre encore de conditions climatiques hostiles et d’un manque d’infrastructures normalisées, exposant des documents sensibles à des risques évitables.
Le ministère a su communiquer avec clarté et rapidité, évitant ainsi la propagation de rumeurs. Cependant, cette communication, bien que nécessaire, ne doit pas masquer l’absence de transparence sur les causes réelles de l’incendie. Dans de nombreux pays africains, les gouvernements peinent à instaurer une culture de la prévention et de la responsabilité. Les protocoles de sécurité incendie, lorsqu’ils existent, sont rarement appliqués de manière rigoureuse, et les exercices d’évacuation ou les audits de sécurité restent l’exception plutôt que la norme. Pire, l’absence de code national unifié de sécurité incendie dans plusieurs pays laisse planer un doute sur la volonté réelle des autorités de s’attaquer au problème en profondeur.
Premièrement, la réactivité des secours, aussi efficace soit-elle, ne peut se substituer à une politique de prévention ambitieuse. Les exemples du Sénégal ou du Maroc montrent que l’adoption de codes nationaux de sécurité incendie permet de réduire significativement les accidents graves. Deuxièmement, la continuité des services publics, si elle est essentielle, ne doit pas servir d’alibi pour négliger les investissements dans la modernisation des infrastructures. Les solutions numériques, comme l’archivage dématérialisé sécurisé, existent et prouvé leur efficacité, mais leur déploiement reste trop lent et inégal. Enfin, la communication de crise, bien que maîtrisée dans ce cas, est souvent critiquée pour son manque d’anticipation et sa tendance à minimiser les risques. Les études sur la gestion des crises en Afrique soulignent régulièrement une « communication timide et attentiste » des États, qui attendent l’urgence pour agir plutôt que de prévenir.
Ailleurs sur le continent, des pays comme l’Afrique du Sud ou le Maroc ont mis en place des systèmes de sécurité incendie complets, incluant des audits réguliers, des formations obligatoires et des équipements adaptés. Ces modèles démontrent qu’il est possible de concilier réactivité et prévention, à condition que les pouvoirs publics fassent de la sécurité une priorité budgétaire et politique. À l’inverse, l’absence de telles mesures expose les administrations à des risques récurrents, avec des conséquences humaines, matérielles et économiques désastreuses.
L’incendie du Ministère des Finances est un signal d’alarme. Si la réactivité des secours est à saluer, elle ne doit pas occulter les lacunes structurelles qui persistent. Il est temps que les autorités africaines passent de la gestion de crise à la prévention active : adoption de codes nationaux de sécurité incendie, modernisation des infrastructures, et sensibilisation continue des agents publics. Sans ces mesures, chaque incendie maîtrisé ne sera qu’un répit avant le prochain.
Je reste convaincu que la sécurité des biens et des personnes dans les administrations publiques ne peut reposer sur la chance ou l’héroïsme des pompiers. Elle doit être le fruit d’une politique volontariste, transparente et durable. Le temps est venu d’agir, avant que le prochain sinistre ne soit plus grave.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/02/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.




