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Il y a deux ans, le 16 février 2024, Alexeï Navalny mourait dans une colonie pénitentiaire russe, dans des circonstances troubles. Aujourd’hui, cinq pays européens – la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas – confirment ce que beaucoup soupçonnaient déjà : l’opposant russe a été empoisonné avec une toxine rare, l’épibatidine, une substance mortelle présente dans la peau des grenouilles-dards d’Équateur. Cette révélation, fruit d’une enquête internationale minutieuse, ne laisse plus de place au doute : la mort de Navalny n’est pas un accident, mais un assassinat politique ciblé, orchestré par un régime autoritaire déterminé à éliminer toute voix dissidente.
Je ne peux que m’indigner face à cette tragédie, qui illustre de manière glaçante les dangers encourus par les opposants dans des systèmes politiques où le pouvoir se maintient par la répression et l’impunité.
Alexeï Navalny était bien plus qu’un simple opposant : il incarnait l’espoir d’une Russie débarrassée de la corruption et de l’arbitraire. Son arrestation en 2021, son emprisonnement pour des motifs politiques, et sa mort en détention s’inscrivent dans une logique de répression méthodique des dissidents. En Russie, comme dans d’autres régimes autoritaires, les mécanismes de contrôle incluent la criminalisation de l’opposition, la manipulation judiciaire et, dans les cas les plus extrêmes, l’élimination physique des figures gênantes.
Les exemples ne manquent pas : en Iran, les manifestants sont réprimés dans le sang ; au Togo, le régime Gnassingbé utilise la répression sélective et la manipulation institutionnelle pour museler toute contestation. Ces régimes partagent une même stratégie : étouffer la dissidence sous couvert de légalité, tout en refusant toute transparence.
Les conclusions des cinq pays européens sont sans appel : l’épibatidine, une toxine qui ne se trouve pas naturellement en Russie, a été identifiée dans le corps de Navalny. Cette substance, dont l’accès et l’utilisation relèvent de moyens étatiques, ne pouvait être déployée que par le Kremlin. Les autorités russes, qui ont toujours nié toute responsabilité, se retrouvent aujourd’hui acculées par la science. Leur refus de coopérer avec les enquêtes internationales et leur silence sur les circonstances exactes de sa mort ne font qu’aggraver les soupçons.
La réaction du Kremlin, qualifiant ces accusations de « biaisées et dénuées de fondement », est à l’image de sa stratégie habituelle : nier, discréditer, et attendre que l’indignation s’estompe. Pourtant, les preuves sont là, et la communauté internationale ne peut plus fermer les yeux.
La mort de Navalny n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une tendance inquiétante : l’utilisation croissante de méthodes extrêmes pour réduire au silence les opposants. En 2020, Navalny avait déjà survécu à une tentative d’empoisonnement au Novitchok, un agent neurotoxique. Aujourd’hui, l’épibatidine confirme que le régime russe est prêt à tout pour éliminer ses ennemis, y compris recourir à des armes chimiques interdites par le droit international.
Cette impunité envoie un message terrifiant aux défenseurs des droits humains et aux militants du monde entier : dans certains pays, s’opposer au pouvoir peut coûter la vie. Pourtant, la résistance persiste. La veuve de Navalny, Ioulia Navalnaïa, continue de réclamer justice, tout comme les milliers de Russes qui, malgré la répression, osent encore manifester leur dissentiment.
Face à de tels crimes, la communauté internationale ne peut se contenter de déclarations. Les cinq pays européens ont saisi l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), une première étape. Mais il faut aller plus loin : des sanctions ciblées contre les responsables, un soutien accru aux défenseurs des droits humains en Russie, et une pression diplomatique constante pour exiger une enquête indépendante.
L’histoire nous montre que les régimes autoritaires ne reculent que sous la pression conjuguée de leur population et de la communauté internationale. Le cas de Navalny doit servir de catalyseur : il est temps de rappeler que les droits humains ne sont pas négociables, et que l’impunité a un prix.
Alexeï Navalny est mort parce qu’il a osé dire non. Son assassinat est une attaque contre la démocratie, la justice et la dignité humaine. En tant que citoyens, nous avons le devoir de ne pas oublier, de continuer à exiger des comptes, et de soutenir ceux qui, comme lui, risquent leur vie pour un monde plus juste.
Je ne peux m’empêcher de penser à sa mère, qui réclame encore justice, et à tous ceux qui, en Russie et ailleurs, luttent pour que sa mort ne soit pas vaine. Leur combat est le nôtre. Ne les laissons pas seuls.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/02/2026
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