Usage de faux et escroquerie à jugement : Sonko face à une plainte explosive - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 16/02/2026 08:02:10

Usage de faux et escroquerie à jugement : Sonko face à une plainte explosive

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L’actualité judiciaire sénégalaise est une nouvelle fois secouée par l’affaire PRODAC, qui oppose le Premier ministre Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. Lors d’une conférence de presse tenue le 30 janvier 2026, les avocats de Mame Mbaye Niang ont annoncé le dépôt d’une plainte contre Ousmane Sonko, Cheikh Diba et Yassine Fall pour usage de faux, association de malfaiteurs et tentative d’escroquerie à jugement. Cette plainte, enregistrée sous le numéro 1777, met en lumière une tentative présumée de manipuler la justice à des fins politiques.

Je me propose d’analyser cette affaire sous l’angle de la déontologie judiciaire et de la crédibilité des institutions, et je ne peux que m’inquiéter des méthodes employées par les plus hautes autorités de l’État.

Tout commence en 2022, lorsque Ousmane Sonko, alors député, accuse publiquement Mame Mbaye Niang, ministre du Tourisme, d’avoir été « épinglé » par un rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) pour des malversations dans la gestion du PRODAC. S’estimant diffamé, Mame Mbaye Niang porte plainte et obtient gain de cause : Ousmane Sonko est condamné pour diffamation en 2023, une décision confirmée en appel et en cassation. Pourtant, aujourd’hui, en tant que Premier ministre, Ousmane Sonko tente de faire réviser ce procès en produisant un document qu’il présente comme une preuve nouvelle. Problème : ce document n’est autre qu’un pré-rapport de l’Inspection générale des Finances (IGF), non finalisé et jamais validé avant le décès du chef de mission. Les avocats de Mame Mbaye Niang dénoncent une manœuvre visant à induire la justice en erreur, une accusation grave qui, si elle est avérée, porterait un coup sévère à la confiance des citoyens dans leurs institutions.

La procédure engagée par Ousmane Sonko soulève plusieurs questions troublantes. Comment un document non finalisé, produit des années après les faits, peut-il servir de base à une révision de procès ? Pourquoi un Premier ministre s’engagerait-il dans une telle démarche, si ce n’est pour échapper à une condamnation définitive ? Les avocats de Mame Mbaye Niang parlent de « faux intellectuel » et de « volonté concertée d’obtenir une décision de justice favorable par des moyens frauduleux ». Ces termes ne sont pas anodins : ils renvoient à des infractions pénales précises, prévues et réprimées par le Code pénal. La validation tardive d’un pré-rapport, dans le seul but de servir une stratégie judiciaire, est une pratique qui frise l’illégalité et qui, surtout, discrédite l’ensemble du système judiciaire.

Premièrement, la justice sénégalaise a déjà tranché : Ousmane Sonko a été condamné pour diffamation, et cette décision est devenue définitive. La tentative de révision, fondée sur un document dont la validité est plus que douteuse, apparaît comme une manœuvre dilatoire, voire une instrumentalisation de la justice. Deuxièmement, l’usage d’un pré-rapport non finalisé comme preuve nouvelle est juridiquement contestable. Comme le souligne un analyste, « il sera difficile pour Ousmane Sonko de prouver qu’il pouvait, en 2022, porter des accusations sur la base d’un document qu’il ne produit qu’en 2026 ». Enfin, cette affaire rappelle d’autres cas de manipulation judiciaire dans la région, où des dirigeants ont tenté de faire plier la justice à leur avantage, au mépris de l’équité et de la transparence.

L’histoire récente de l’Afrique de l’Ouest regorge d’exemples où des dirigeants ont utilisé leur position pour influencer des procédures judiciaires. En Côte d’Ivoire, des affaires similaires ont montré comment des accusations politiques peuvent dégénérer en instrumentalisation de la justice, avec des conséquences désastreuses pour la démocratie. Au Sénégal, l’affaire PRODAC risque de devenir un symbole de cette dérive, où la quête du pouvoir prime sur le respect des règles et des institutions.

L’affaire PRODAC est révélatrice des dangers qui guettent la démocratie sénégalaise. Si les plus hautes autorités de l’État s’autorisent à manipuler la justice pour servir leurs intérêts, quel message envoient-elles aux citoyens ? Je ne peux que m’inquiéter de cette tendance, qui sapent les fondements mêmes de l’État de droit. Il est urgent que la lumière soit faite sur cette affaire, et que la justice sénégalaise fasse preuve d’indépendance et de rigueur. Sinon, c’est la crédibilité de tout le système qui sera remise en cause, et avec elle, la confiance des Sénégalais dans leurs institutions.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/02/202
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