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L’arrestation d’A. Sow, 53 ans, à Touba pour viols répétés par sodomie sur une fillette de 11 ans, est un nouveau rappel glaçant de la réalité des violences sexuelles sur mineurs au Sénégal. Ce cas, révélé par L’Observateur le 14 février 2026, illustre un mode opératoire aussi méthodique qu’odieux : achat du silence, menaces de mort, et exploitation de la vulnérabilité d’un enfant. Pourtant, ce qui frappe le plus, c’est le déclic qui a permis à la victime de parler : la médiatisation de l’affaire Pierre Robert, ce réseau pédocriminel transnational démantelé entre la France et le Sénégal, dont l’ampleur a secoué l’opinion publique ces dernières semaines.
Cette affaire, comme tant d’autres, prouve une vérité amère : les violences sexuelles sur mineurs prospèrent dans le silence, la peur et la manipulation. Et si la parole publique peut sauver des vies, elle révèle aussi l’urgence d’une réponse collective sans faille.
Les chiffres sont accablants. Au Sénégal, les violences sexuelles sur mineurs restent un fléau sous-estimé : en 2019, 668 cas de violences sur mineurs et 706 agressions sexuelles avaient été officiellement enregistrés, mais le nombre réel est sans doute bien plus élevé, étouffé par les pressions sociales et culturelles qui dissuadent les victimes de porter plainte. L’affaire Pierre Robert, avec ses quatorze arrestations à Dakar et Kaolack, a mis en lumière l’existence de réseaux organisés, transfrontaliers, où des enfants sont réduits à l’état d’objets de profit et de domination. Pourtant, malgré l’émoi suscitée, combien d’autres A. Sow agissent encore dans l’ombre, protégés par l’omerta communautaire et l’inefficacité des mécanismes de protection ?
Le cas de Touba n’est pas isolé. En République démocratique du Congo, l’UNICEF alerte sur une « utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre », avec 35 000 cas signalés en 2025 rien que dans ce pays. En France, un septuagénaire est actuellement poursuivi pour des agressions sur 89 mineurs, commises sur plusieurs décennies et continents, révélant l’ampleur d’un phénomène qui transcende les frontières. Partout, le schéma se répète : des prédateurs profitent de la vulnérabilité des enfants, de la peur des familles, et de la lenteur de la justice.
Face aux preuves médicales accablantes – lésions, cicatrices, traumatismes psychologiques – A. Sow, comme tant d’autres avant lui, a choisi le déni. Une stratégie classique, qui repose sur la honte des victimes et la complaisance de l’entourage. Pourtant, l’examen médical de la fillette de Touba ne laisse aucun doute : les violences étaient répétées, systématiques. Comment expliquer, alors, que des voisins, des proches, n’aient rien vu, rien dit ? La réponse est simple : parce que le silence est souvent complice.
La médiatisation de l’affaire Pierre Robert a brisé ce silence pour une enfant. Mais combien d’autres restent prisonnières de leur terreur ? En RDC, en Polynésie française, ou même en Europe, les mêmes mécanismes sont à l’œuvre : des mineurs violés, des familles intimidées, des communautés qui ferment les yeux. La différence, aujourd’hui, c’est que la parole se libère – parfois. Grâce à des affaires comme celle de Pierre Robert, qui font office d’électrochoc. Grâce à des victimes qui, malgré tout, trouvent le courage de parler.
La protection des enfants ne peut plus être une option. Elle doit devenir une priorité absolue, portée par trois piliers indissociables :
Chaque adulte se doit d’être un rempart. Les signes de détresse d’un enfant ne doivent jamais être ignorés. Les écoles, les mosquées, les associations doivent devenir des lieux de prévention active, où l’on apprend aux enfants à reconnaître et à dénoncer les abus. Les paroles des mineurs doivent être crues, accompagnées, protégées. Les structures d’accueil et d’écoute, comme les « boutiques de droit » au Sénégal, doivent être renforcées et accessibles à tous. les peines doivent être à la hauteur des crimes. Les réseaux pédocriminels, qu’ils opèrent localement ou à l’international, doivent être démantelés sans relâche. La coopération judiciaire entre pays, comme celle qui a permis l’arrestation des complices de Pierre Robert, est un modèle à généraliser.
L’affaire de Touba, comme celle de Pierre Robert, nous confronte à une réalité insoutenable : celle de l’enfance violée, bafouée, sacrifiée sur l’autel de l’indifférence et de la lâcheté. Mais elle nous offre aussi une lueur d’espoir : la parole peut briser les chaînes. À nous, désormais, de transformer cet espoir en action. Aucune complaisance, aucun relativisme ne sauraient être tolérés. La protection des enfants n’est pas négociable. Elle exige de chacun – parents, voisins, autorités – un engagement sans faille.
Car si une enfant a pu être sauvée à Touba, combien d’autres attendent encore qu’on les entende ?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/02/2026
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