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Un article récent de RFI et du New York Times révèle l’ampleur inquiétante des technologies de surveillance déployées par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) aux États-Unis. Sous couvert de lutte contre l’immigration irrégulière, l’ICE utilise désormais la reconnaissance faciale, l’intelligence artificielle et la collecte massive de données personnelles pour traquer non seulement les sans-papiers, mais aussi des citoyens américains, souvent sans leur consentement. Si ces outils sont présentés comme des solutions efficaces, leur généralisation pose une question fondamentale : jusqu’où sommes-nous prêts à sacrifier nos libertés publiques au nom de la sécurité ?
Je suis convaincu que cette dérive technologique, portée par des entreprises comme Palantir et des applications comme Mobile Fortify, menace les fondements mêmes de la démocratie américaine.
Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, l’ICE a vu son budget exploser, atteignant 28 milliards de dollars en 2025. Cette manne financière a permis à l’agence de s’équiper d’un arsenal technologique sans précédent : reconnaissance faciale, fouille de téléphones, surveillance des réseaux sociaux, et traitement automatisé des données via des plateformes comme ImmigrationOS, développée par Palantir. Des témoignages, comme ceux d’Emily Bells et de Nicole Cleland, illustrent comment des citoyens américains se retrouvent identifiés, suivis, voire intimidés par des agents fédéraux armés de smartphones et de caméras corporelles. Ces pratiques, dénoncées par des ONG et des élus, s’étendent bien au-delà des zones frontalières, transformant chaque rue en un potentiel champ de surveillance.
L’article factuel met en lumière plusieurs outils clés : Mobile Fortify, qui permet aux agents de scanner un visage et d’obtenir en quelques secondes des informations personnelles (nom, adresse, statut administratif), et ImmigrationOS, qui agrège des milliards de données pour cibler et expulser des individus. Selon Amnesty International et le Center for Democracy and Technology, ces technologies créent un « cauchemar de surveillance », où l’absence de garde-fous clairs et de contrôle démocratique ouvre la porte à des abus massifs. Palantir, dont les liens avec l’administration Trump sont bien documentés, rejette les accusations, affirmant ne fournir que des outils neutres. Pourtant, les faits sont têtus : en 2025, l’ICE a utilisé Mobile Fortify plus de 100 000 fois dans l’Illinois seul, souvent sans le consentement des personnes scannées.
Premièrement, ces technologies violent le droit à la vie privée et le principe de présomption d’innocence. Des citoyens américains, comme les bénévoles du Minnesota, se voient interpellés et fichés simplement pour avoir exercé leur droit de manifester. Deuxièmement, l’absence de transparence et de cadre légal strict permet à l’ICE d’agir en toute impunité, comme le souligne le sénateur Merkley, auteur du projet de loi « ICE Out of Our Faces Act ». Enfin, les risques d’erreur et de discrimination sont réels : les algorithmes de reconnaissance faciale ont des taux d’erreur plus élevés pour les personnes de couleur, et leur utilisation arbitraire crée un climat de méfiance généralisée.
La situation aux États-Unis n’est pas isolée. En Chine, la reconnaissance faciale est utilisée pour surveiller et réprimer la dissidence, tandis qu’au Royaume-Uni, la police de Londres a été traînée en justice pour son usage massif et discriminatoire de cette technologie. À Hong Kong, 60 000 caméras équipées de reconnaissance faciale seront installées d’ici 2028, rapprochant la ville des pratiques autoritaires de Pékin. Même en France, des expérimentations de vidéosurveillance algorithmique ont suscité des inquiétudes quant aux libertés publiques. Ces exemples montrent que, sans encadrement strict, la surveillance de masse devient la norme, au détriment des droits fondamentaux.
L’ICE, en s’appuyant sur des technologies intrusives et des partenariats opaques avec des entreprises comme Palantir, normalise un État de surveillance où l’efficacité sécuritaire prime sur la protection des droits. Cette dérive n’est pas une fatalité : des voix s’élèvent pour exiger des comptes, des lois plus strictes, et une véritable transparence. Il est urgent de rappeler que la sécurité ne doit pas se construire sur le dos des libertés. Les États-Unis, souvent présentés comme le berceau de la démocratie, doivent choisir : continuer sur la voie d’un contrôle social généralisé, ou réaffirmer que la protection des droits individuels reste la pierre angulaire de leur société.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 17/02/2026
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