Diplomatie au prix fort : Le Somaliland mise sur les États-Unis pour exister - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 25/02/2026 09:02:00

Diplomatie au prix fort : Le Somaliland mise sur les États-Unis pour exister

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Le 2026, Khadar Hussein Abdi, ministre de la Présidence du Somaliland, a déclaré à l’AFP que les autorités de Hargeisa étaient prêtes à accorder aux États-Unis une exclusivité sur leurs minerais et à offrir des bases militaires sur le territoire. Le Somaliland, qui s’est séparé de la Somalie en 1991 et n’est pas reconnu internationalement, évoque des ressources en terres rares, lithium et coltan. Ces annonces interviennent après la reconnaissance formelle par Israël en décembre 2025.

Les propos du ministre ont été nets: « Nous sommes disposés à accorder l’exclusivité aux États-Unis sur nos minerais. Nous sommes également ouverts à offrir des bases militaires », a-t-il affirmé, exprimant l’espoir d’un compromis sur la reconnaissance. Le ton de Hargeisa tranche avec l’incertitude diplomatique qui entoure toujours son statut.

Le gouvernement de Mogadiscio continue de considérer le Somaliland comme une partie intégrante de la Somalie, et l’Union africaine ainsi que plusieurs pays arabes ont condamné la reconnaissance israélienne, provoquant une tension régionale persistante.

Les déclarations publiques de Hargeisa posent des questions concrètes sur la gouvernance et sur la stratégie adoptée par ses dirigeants. Proposer l’exclusivité de ressources minières et des installations militaires revient à monnayer des pans de souveraineté avant d’obtenir une reconnaissance durable. Les ressources citées par les autorités restent non vérifiées par des études indépendantes, ce qui affaiblit la valeur réelle de l’offre. Les risques économiques sont clairs: attribuer des droits exclusifs à un partenaire unique peut conduire à des contrats défavorables et à une dépendance prolongée, comme l’ont montré d’autres accords en Afrique subsaharienne où des concessions minières ont alimenté la corruption et la fragilité institutionnelle.

Le portrait des dirigeants de Hargeisa se dessine à travers trois éléments factuels. D’abord, l’absence de reconnaissance internationale rend toute concession risquée pour la population locale, qui pourrait ne jamais bénéficier des retombées promises si des accords restent diplomatiquement isolés. Ensuite, la nature spéculative des réserves minérales signifie qu’un partenaire disposant d’un accès exclusif pourrait verrouiller des gisements encore non confirmés, privant l’État futur de marges de négociation. Enfin, l’option d’offrir des bases militaires introduit un changement géostratégique majeur dans une région déjà sensible, avec des conséquences opérationnelles et humanitaires potentielles pour les populations côtières.

En mettant l’accent sur la quête de reconnaissance par tous les moyens, Hargeisa expose un pragmatisme qui frôle le cynisme politique: vendre l’accès aux ressources et au territoire avant d’être reconnu, c’est accepter de liquider des leviers souverains pour une récompense incertaine. Ce choix peut apparaître comme une stratégie de court terme destinée à obtenir des symboles diplomatiques plutôt que des garanties institutionnelles solides. Les dirigeants donnent la prime à des opportunités externes au détriment de processus internes de légitimation démocratique et de transparence économique.

Des comparaisons illustrent les risques: la Guinée équatoriale a cédé des concessions hydrocarbonées qui ont ensuite alimenté un pouvoir centralisé et opaque, et la République démocratique du Congo a vu des contrats miniers controversés affaiblir les recettes publiques. Les analystes qui suivent la Corne de l’Afrique relèvent que l’absence d’expertises géologiques indépendantes reste un point aveugle; sans audits transparents et sans mécanismes de reddition de comptes, les populations du Somaliland pourraient ne pas voir les bénéfices promis par Hargeisa.

Sur la base des faits disponibles, la stratégie affichée par les dirigeants de Hargeisa apparaît comme une opération à haut risque pour la souveraineté et pour l’intérêt public. Offrir des exclusivités minières et des bases militaires avant d’avoir obtenu une reconnaissance durable met en lumière une logique transactionnelle qui privilégie des gains diplomatiques immédiats. Restent des questions ouvertes sur la vérification des ressources, sur la capacité des institutions locales à gérer des contrats complexes et sur les coûts à long terme pour la population du Somaliland.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Hassane T.
Mis en ligne : 25/02/2026

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