Homosexualité au Sénégal : Pourquoi Dame Mbodj a raison - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 25/02/2026 08:02:00

Homosexualité au Sénégal : Pourquoi Dame Mbodj a raison

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Un récent échange public entre Dame Mbodj, directeur général de la Sogip, et Alioune Tine, figure emblématique de la société civile, a relancé le débat sur la position des organisations de défense des droits humains face au durcissement des peines pour homosexualité au Sénégal. À travers une interpellation directe, Dame Mbodj n’a pas cherché à attaquer personnellement, mais à susciter une réflexion collective sur la transparence et la cohérence des acteurs engagés dans la défense des valeurs démocratiques.

Je salue cette initiative, qui rappelle à chacun sa responsabilité dans la construction d’un dialogue ouvert et constructif sur des sujets aussi sensibles que celui des droits et des valeurs sociétales.

Le Sénégal traverse une période de tensions autour de la question de l’homosexualité, marquée par l’adoption prochaine d’un projet de loi visant à alourdir les peines pour « actes contre nature » et par une série d’arrestations très médiatisées. Dans ce climat, Dame Mbodj a interpellé la société civile, et notamment Alioune Tine, sur leur silence relatif face à la « posture ferme et courageuse » du gouvernement. Ce questionnement survient alors que des associations religieuses et une partie de l’opinion publique réclament un durcissement de la législation, tandis que des ONG internationales comme Human Rights Watch dénoncent des arrestations arbitraires et une stigmatisation croissante des personnes LGBTQ+.

L’interpellation de Dame Mbodj s’inscrit dans une logique de responsabilité citoyenne. En appelant à la transparence, il invite les acteurs de la société civile à clarifier leur position sur un sujet qui divise profondément le pays. Son approche n’est pas une provocation, mais une invitation à sortir du mutisme et à participer activement au débat public. Cette démarche est d’autant plus pertinente que le Sénégal, pays majoritairement musulman et attaché à ses valeurs traditionnelles, fait face à des pressions internes et externes sur la question des droits humains.

Premièrement, la transparence est un pilier essentiel de la démocratie. En interpellant publiquement des figures comme Alioune Tine, Dame Mbodj rappelle que la société civile a un rôle clé à jouer dans l’équilibre des pouvoirs et dans la protection des droits, y compris ceux des minorités. Deuxièmement, son appel s’adresse à tous les acteurs, y compris les défenseurs des droits humains, pour qu’ils assument pleinement leur mission : éclairer le débat, protéger les plus vulnérables et veiller à ce que les évolutions législatives respectent les principes fondamentaux de justice et de non-discrimination. Enfin, en évitant les attaques personnelles, il montre qu’il est possible de discuter de sujets clivants sans tomber dans la polarisation stérile.

Dans d’autres contextes africains, comme en Afrique du Sud ou au Cap-Vert, des débats similaires ont conduit à des avancées progressives en matière de droits LGBTQ+, grâce à un dialogue inclusif entre État, société civile et acteurs religieux. Le Sénégal, souvent cité pour sa tradition de tolérance et de modération, pourrait s’inspirer de ces exemples pour trouver un équilibre entre respect des valeurs culturelles et protection des droits individuels.

Je partage l’idée que l’appel de Dame Mbodj est une opportunité pour la société civile de réaffirmer son engagement en faveur d’un débat transparent et responsable. Plutôt que de voir dans ses propos une attaque, il faut y lire une invitation à renforcer la participation démocratique et à défendre, sans ambiguïté, les principes de justice et d’égalité. Dans un pays où la question de l’homosexualité cristallise les tensions, la clarté et le courage des positions sont plus que jamais nécessaires. La transparence n’est pas une option, mais une exigence pour construire une société plus juste et plus unie.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 25/02/202
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