Rumeur virale : Sanekh victime du tribunal des réseaux sociaux - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - People | Par Maimouna | Publié le 26/02/2026 02:02:00

Rumeur virale : Sanekh victime du tribunal des réseaux sociaux

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L’acteur sénégalais Cheikhou Guèye, connu sous le nom de scène Sanekh, a réagi publiquement aux allégations d’homosexualité diffusées à son sujet après la publication d’une image le présentant comme tel. Son intervention est intervenue lors de l’émission Keur Wally au Sénégal, où il a dénoncé la diffusion et affirmé: « J’ai vu qu’on a publié mon image en me traitant d’homosexuel. Ceux qui ont fait ça, je ne les pardonnerai jamais de ma vie. » Il a aussi déclaré ne pas comprendre la raison de ces accusations.

La diffusion de rumeurs visant des personnalités publiques se multiplie via les réseaux sociaux et certains médias locaux, dans un environnement où l’homosexualité reste socialement stigmatisée et pénalisée dans le pays, ce qui amplifie les risques pour la personne ciblée.

La réaction de Sanekh met en lumière plusieurs défaillances factuelles au cœur du traitement médiatique de l’affaire. D’abord, la publication d’une image associée à une affirmation grave sans enquête confirme une pratique répandue: l’utilisation d’éléments visuels tronqués ou sortis de leur contexte pour générer de l’audience. Ensuite, la rapidité de la diffusion sur les plateformes numériques laisse peu de place à la vérification des sources, tandis que les rédactions locales manquent parfois de protocoles clairs pour traiter les accusations touchant la vie privée. Enfin, l’impact concret de telles rumeurs est lourd: une réputation peut être fragilisée, des opportunités professionnelles peuvent disparaître et la sécurité personnelle de l’artiste peut être compromise dans un contexte juridique et social hostile.

Les faits observables soutiennent une critique de l’irresponsabilité médiatique. La première observation repose sur la chaîne de diffusion: une image circule, puis des relais médiatiques amplifient l’information sans contact préalable avec la personne visée, ce qui viole les principes élémentaires de la vérification journalistique. La deuxième concerne l’absence d’enquête: aucun élément public n’établit la véracité des accusations, et pourtant la rumeur a pris forme comme si elle reposait sur des preuves. La troisième met en jeu les conséquences sociales et légales dans le pays, où des accusations de ce type portent un risque réel pour la carrière et la vie personnelle d’un artiste. Ces constats sont appuyés par des cas comparables observés ailleurs en Afrique francophone, où des rumeurs non vérifiées ont entraîné des procès d’intention et des campagnes de harcèlement médiatique. À l’international, la vitesse d’un réseau social est souvent supérieure à la capacité d’une rédaction à enquêter, ce qui provoque une tension entre immédiateté et rigueur.

L’affaire illustre précisément le problème ciblé: des médias ou des comptes influents propagent des allégations diffamatoires, exposent la vie privée d’un artiste et négligent l’enquête avant publication. La sélection des faits le montre clairement: image publiée, absence de preuve accessible au public, déclaration ferme de l’intéressé dénonçant la manipulation. Une comparaison avec des chartes déontologiques disponibles auprès d’organisations journalistiques révèle l’écart entre les normes professionnelles attendues et les pratiques constatées sur le terrain, surtout lorsqu’il y a pression pour obtenir des clics. Une deuxième comparaison oppose la situation à des procédures judiciaires qui exigent la preuve et la présomption d’innocence, contraste flagrant avec la mise en accusation publique sans vérification.

Des études sur la désinformation indiquent que les contenus visuels génèrent 3 à 5 fois plus d’engagement que le texte seul, ce qui explique l’attrait de la publication d’images controversées. Les spécialistes de la déontologie recommandent la vérification en trois points: source, contexte, confirmation par la personne concernée, procédure manifestement absente dans ce cas. Les conséquences documentées dans d’autres dossiers comprennent pertes d’emploi, menaces et procédures judiciaires coûteuses, autant d’éléments dont la presse devrait tenir compte avant de relayer des rumeurs.

Les faits autour de l’affaire Sanekh montrent une série d’erreurs factuelles et professionnelles: publication d’une image sans preuve, relais médiatique sans enquête, exposition d’une vie privée dans un contexte social et légal dangereux. Les éléments présentés ne jugent pas la personne, ils mettent en évidence des pratiques médiatiques à risque et des conséquences mesurables pour les individus visés. L’enjeu est simple et concret: restaurer des procédures de vérification, respecter la présomption d’innocence et empêcher que la quête d’audience ne transforme des rumeurs en condamnations publiques.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Salimata F.
Mis en ligne : 26/02/2026

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