Plus de 600 Kenyans piégés au Cambodge : L’État au banc des accusés - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 27/02/2026 09:02:00

Plus de 600 Kenyans piégés au Cambodge : L’État au banc des accusés

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Plus de 600 citoyens kenyans ont déposé lundi une requête devant la Haute Cour du Kenya pour obtenir leur rapatriement depuis le Cambodge; ils affirment avoir été attirés par la promesse d’un emploi et retenus contre leur gré dans un complexe surveillé entouré de hauts murs et de barbelés. Les documents indiquent que les autorités cambodgiennes ont perquisitionné l’enceinte, que les ravisseurs se sont enfuis et que le groupe est actuellement réfugié au Cambodge sans nourriture ni soins adéquats.

La requête demande des ordonnances urgentes obligeant le ministère kenyan des Affaires étrangères et d’autres agences à fournir protection consulaire, documents de voyage d’urgence et rapatriement. Les requérants invoquent la protection constitutionnelle contre la torture et l’esclavage et affirment que l’État a le devoir de protéger ses citoyens à l’étranger. La Haute Cour doit examiner l’affaire mardi dans la journée.

Les autorités cambodgiennes auraient ordonné au groupe de quitter le pays avant le 28 février 2026 sous peine de poursuites et d’emprisonnement, selon les mêmes documents judiciaires. Une porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Kenya a déclaré n’être pas au courant de l’affaire.

Le dossier soulève des questions précises sur la chaîne de responsabilité consulaire et sur la capacité de l’État kenyan à repérer des migrations vers des réseaux criminels. Plus de six cents personnes déplacées en même lieu constituent un signal d’alerte qui dépasse la simple affaire individuelle; il s’agit d’un événement massif impliquant la sécurité, la santé et la protection juridique de ressortissants. Les documents judiciaires décrivent une détention dans un complexe isolé, ce qui correspond à des schémas reconnus de traite d’êtres humains et de centres de cyberfraude signalés en Asie du Sud-Est ces dernières années.

Le silence apparent du ministère kenyan, rapporté par une porte-parole, accentue l’impression d’inaction: sans intervention consulaire rapide, des citoyens restent exposés à la faim, à des besoins médicaux urgents et à des poursuites locales. Les obligations internationales de protection consulaire imposent à l’État d’assister ses ressortissants incapables de rentrer par leurs propres moyens; la requête devant la Haute Cour repose précisément sur ce fondement constitutionnel. Comparé à des réponses rapides observées dans d’autres crises de rapatriement, la situation kenyanne paraît lente. Comparée à la gestion par certains États de rapatriements en masse liés à des conflits ou à des catastrophes naturelles, l’absence de plan public de rapatriement soulève des interrogations sur la préparation institutionnelle.

Les éléments factuels soutiennent plusieurs griefs: d’abord, l’existence d’une population vulnérable identifiée par des documents officiels justifie une intervention consulaire; ensuite, l’ordre cambodgien de quitter le pays avant une date précise crée une contrainte temporelle qui exige une logistique d’État; enfin, l’incapacité déclarée du groupe à financer leur retour met en lumière l’obligation financière implicite de l’État pour des rapatriements d’urgence. La demande d’ordonnances judiciaires révèle que les requérants ont épuisé les voies ordinaires de demande d’aide et se tournent vers la justice nationale.

Des rapports internationaux indiquent que les centres de fraude en Asie du Sud-Est ont ciblé des migrants vulnérables par des offres d’emploi frauduleuses, entraînant détention et exploitation; les enquêtes locales ont parfois mené à des expulsions groupées. Les procédures de rapatriement exigent coopération diplomatique, mise en place de documents d’urgence et coordination avec l’aviation commerciale ou militaire, opérations qui demandent des décisions rapides et des ressources budgétaires dédiées.

Les faits déposés devant la Haute Cour posent une question simple et lourde de conséquences: comment l’État kenyan assure-t-il la sécurité de centaines de ses citoyens retenus à l’étranger quand ceux-ci manquent de moyens et de protection? La requête met en lumière des défaillances potentielles dans la veille consulaire, dans la planification des rapatriements et dans la communication publique. Le calendrier imposé par les autorités cambodgiennes rend urgente une réponse administrative et judiciaire; l’examen par la Haute Cour constituera un test concret de la capacité de l’État à remplir ses obligations envers ses ressortissants.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Théodore D.
Mis en ligne : 27/02/2026

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