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Un article récent de Senenews met en lumière un phénomène trop souvent ignoré : la banalisation des soins esthétiques de rue au Sénégal, tels que la manucure, le rasage ou la pédicure, réalisés dans des conditions d’hygiène précaires. Ces gestes du quotidien, perçus comme anodins, exposent pourtant la population à des risques graves, notamment la transmission du VIH et d’autres infections transmissibles par le sang.
Je prends ici un parti pris clair : ces pratiques, en l’absence de régulation stricte et de sensibilisation adéquate, représentent une menace sanitaire sous-estimée. Il est urgent d’agir pour protéger la santé publique.
Au Sénégal, comme dans de nombreux pays africains, les services de manucure, rasage et pédicure ambulants sont omniprésents. Accessibles et peu coûteux, ils séduisent une clientèle large, souvent peu informée des dangers encourus. Pourtant, l’utilisation d’instruments non stérilisés ou mal désinfectés peut causer des micro-coupures, portes d’entrée pour des virus comme le VIH ou les hépatites B et C. Ces maladies, une fois contractées, ont des conséquences dramatiques sur la santé et la qualité de vie des individus. Malgré cela, la sensibilisation reste insuffisante, et les contrôles sanitaires, rares.
L’article de Senenews souligne à juste titre que ces pratiques sont banalisées, alors qu’elles devraient alerter. En République démocratique du Congo, des cas de contamination par le VIH lors de soins esthétiques ont déjà été documentés, révélant une réalité inquiétante : la familiarité avec ces services ne doit pas occulter les risques réels. Les outils coupants, s’ils ne sont pas stérilisés entre chaque client, deviennent des vecteurs de transmission silencieux. Les esthéticiens, souvent formés de manière informelle, manquent parfois de moyens pour appliquer des protocoles d’hygiène rigoureux, notamment en cas de coupures de courant ou de manque de ressources.
Plusieurs éléments renforcent mon inquiétude. D’abord, les études montrent que le risque de transmission du VIH ou des hépatites par des instruments contaminés, bien que faible comparé à d’autres modes de contamination, existe bel et bien. Ensuite, l’absence de campagnes de sensibilisation massives et ciblées laisse une grande partie de la population dans l’ignorance. Enfin, le manque de régulation des pratiques ambulantes aggrave la situation : sans cadre légal strict, les professionnels ne sont pas incités à adopter des mesures de sécurité optimales.
La situation au Sénégal n’est pas isolée. En France, par exemple, les autorités sanitaires alertent régulièrement sur les risques liés aux pédicures et manucures en institut, insistant sur la nécessité d’une stérilisation irréprochable des outils. Dans d’autres pays africains, comme la Côte d’Ivoire ou le Mali, des plans stratégiques de lutte contre le VIH et les hépatites intègrent désormais des volets dédiés à la prévention dans les lieux de soins non médicaux. Ces initiatives montrent qu’une prise de conscience est possible, à condition que les pouvoirs publics s’en saisissent.
Il est temps de briser le silence autour de ces pratiques à risque. Sensibiliser le grand public, former les professionnels et renforcer les contrôles sanitaires sont des étapes indispensables pour éviter des drames évitables. Je plaide pour une mobilisation collective : associations, médias et autorités doivent unir leurs forces pour informer, éduquer et protéger. La santé ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la commodité ou de l’économie informelle. Le Sénégal a les moyens d’agir – encore faut-il en faire une priorité.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 28/02/2026
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