Yoro Dia : Ousmane Sonko, le véritable problème du pays - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 31/01/2026 03:01:40

Yoro Dia : Ousmane Sonko, le véritable problème du pays

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Lors d’une récente rencontre avec les Sénégalais établis au Maroc, le Premier ministre Ousmane Sonko a vigoureusement critiqué l’institution judiciaire, affirmant que « l’un des problèmes fondamentaux du pays, c’est la Justice ». Ces propos ont suscité une réaction cinglante de Dr Yoro Dia, ancien ministre et politologue, qui a rétorqué : « Ousmane Sonko est le seul problème du pays ».

Cette réplique, loin d’être une simple passe d’armes politique, met en lumière une dérive préoccupante : la tendance de certains dirigeants à instrumentaliser la critique des institutions pour masquer leurs propres défaillances de leadership.

Depuis son arrivée au pouvoir, Ousmane Sonko a multiplié les attaques contre la magistrature, qualifiant les magistrats de « punching ball » et dénonçant une « chape de plomb » sur leur indépendance. Pourtant, comme le rappelle Yoro Dia, la justice sénégalaise a souvent fait preuve de résilience et d’impartialité, notamment lors de la dernière élection présidentielle, où la Cour suprême a joué un rôle clé dans la préservation de l’État de droit.

Le vrai problème ne réside donc pas dans l’institution judiciaire elle-même, mais dans la manière dont certains dirigeants, frustrés par les limites de leur pouvoir, cherchent à la discréditer pour mieux imposer leur volonté. Cette stratégie n’est pas sans rappeler les tactiques utilisées par d’autres dirigeants africains, qui, face à des revers politiques ou judiciaires, préfèrent affaiblir les contre-pouvoirs plutôt que de se remettre en question.

Yoro Dia pointe du doigt une posture irresponsable : transformer les magistrats en boucs émissaires revient à saper les fondements mêmes de la démocratie. Selon lui, Sonko, « ne digérant pas de ne pas être président », adopte un comportement dictatorial, qualifiant l’opposition de « résidus » et cherchant à imposer sa vision autoritaire du pouvoir. Cette analyse est partagée par de nombreux observateurs, qui voient dans ces attaques répétées contre la justice une diversion pour détourner l’attention des vrais enjeux : la gouvernance, l’emploi, et la stabilité économique.

Les exemples ne manquent pas en Afrique : des dirigeants comme Jacob Zuma en Afrique du Sud ou Hissène Habré au Tchad ont tenté de manipuler ou d’affaiblir la justice pour échapper à leurs responsabilités. Ces cas montrent que lorsque les dirigeants remettent en cause l’indépendance des institutions, c’est souvent pour servir des intérêts personnels ou partisans, au détriment de l’intérêt général.

Premièrement, les critiques de Sonko contre la justice interviennent dans un contexte où il a lui-même bénéficié de décisions judiciaires favorables, notamment lors de son accession au pouvoir. Deuxièmement, ses attaques contre les magistrats, loin de renforcer la transparence, créent un climat de méfiance et de polarisation. Enfin, en qualifiant l’opposition de « résidus » et en refusant le dialogue, il montre une incapacité à accepter le pluralisme, pilier essentiel de toute démocratie.

Au Bénin, au Mali ou en Guinée, des dirigeants ont tenté de s’accrocher au pouvoir en affaiblissant les institutions. Les conséquences sont toujours les mêmes : instabilité, méfiance citoyenne, et affaiblissement de l’État. Le Sénégal, souvent cité en exemple pour sa stabilité démocratique, ne peut se permettre de suivre cette voie.

La sortie de Yoro Dia rappelle une évidence : la justice n’est pas le problème, mais la solution. Elle est le rempart contre l’arbitraire et la garantie d’une démocratie saine. Plutôt que de chercher à la discréditer, les dirigeants devraient œuvrer à son renforcement, pour le bien de tous les Sénégalais. Comme le souligne Dia, « la justice est le seul service de l’État qui porte le nom d’une vertu ». Il est temps que le Premier ministre en prenne acte, et cesse de faire de la magistrature le bouc émissaire de ses propres échecs.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Alioune Diop.
Mis en ligne : 31/01/2026

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