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Mame Mbaye Niang a saisi le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar aujourd’hui pour obtenir l’annulation d’une mutation foncière qu’il juge frauduleuse et pour réclamer 500 millions de francs CFA. L’assignation vise Ousmane Sonko, ses deux épouses Khady Kébé et Anna Diamanka, ainsi que ses enfants, au sujet d’un immeuble à la Cité Keur Gorgui lié à une condamnation pour diffamation et injures publiques. La procédure civile prétend empêcher la disparition d’un patrimoine destiné au paiement de dommages.
Je réagis avec colère et inquiétude face à cette stratégie judiciaire qui instrumentalise la famille comme cible. Impliquer les épouses et les enfants d’un prévenu transforme la justice en tribunal public de familles, et ce spectacle est dangereux pour la vie privée de personnes non impliquées dans les faits. Je refuse que la riposte légale devienne une arme capable de briser des foyers et d’exposer des proches à des représailles sociales ou politiques.
La procédure civile s’ajoute à des actions pénales et à une requête en révision du procès. L’enjeu financier dépasse les 200 millions de francs CFA de la condamnation initiale et s’élève à 500 millions réclamés solidairement.
Je ne peux pas avaler l’idée que la responsabilité pécuniaire d’un individu autorise l’embrigadement juridique de ses proches. La porte ouverte par cette assignation menace le secret de la vie familiale et la présomption de séparation des sphères personnelles et pénales. La justice doit frapper celui qui a commis un tort, pas transformer les épouses et les enfants en boucliers de fortune à arracher. Ce glissement crée un précédent: demain, n’importe quel créancier zélé pourra traquer l’intimité d’un foyer sous prétexte d’exécution d’une décision.
La logique affichée ici est perverse. On veut rendre insaisissables les biens en jouant sur les liens du sang et du mariage, et la riposte consiste à riposter par une mise en cause de ces mêmes liens. Résultat: des ménages confrontés à la stigmatisation, des enfants privés de tranquillité, des épouses sous pression médiatique. J’entends déjà la rumeur se transformer en menace, et la menace en représailles personnelles qui n’ont rien à voir avec la réparation du préjudice initial.
Impliquer des personnes qui n’ont pas été condamnées ni jugées pour des faits identiques mine la légitimité même du droit civil. La responsabilité civile repose sur un principe: celui de la personne responsable. Quand ce principe est gommé au nom d’un intérêt financier, on fragilise l’État de droit. Les risques concrets sont nombreux: exposition médiatique des enfants, pressions sociales sur les épouses, tentations de représailles extra-judiciaires de partisans ou d’adversaires.
Comparer cette manœuvre à une pêche à la traîne ne serait pas excessif: on jette le filet sur toute la famille pour espérer récupérer des biens. Comparer aussi la méthode à une avalanche qui, une fois déclenchée, emporte plus que le caillou fautif, illustre l’ampleur du dommage collatéral. Les institutions doivent veiller à ce que la justice ne devienne pas chasse aux fantômes familiaux.
Je soutiens que le recours ciblant les épouses et les enfants est disproportionné et injustifié. Les femmes mentionnées dans l’assignation sont, selon toute vraisemblance, davantage exposées qu’actrices d’une stratégie financière. Les enfants, eux, n’ont ni rôle politique ni responsabilité dans la litige de leur parent. Laisser passer une telle procédure, c’est valider l’idée que la vie privée est négociable. C’est inviter des représailles familiales: insultes, harcèlement, pressions économiques. La société ne s’en portera pas mieux si la famille devient monnaie d’échange dans les conflits judiciaires.
Les droits fondamentaux protègent la vie privée et familiale et imposent des garde-fous contre les mesures d’exécution excessives. Des études comparatives montrent que lorsque les procédures juridiques s’attaquent aux proches, les coûts sociaux augmentent: abandon scolaire, isolement social, hausse du stress psychologique chez les enfants. Il existe des mécanismes alternatifs pour faire exécuter les décisions: saisies sur les biens personnels reconnus comme appartenant au condamné, contrôles fiscaux ciblés, garanties bancaires. La voie choisie ici ressemble plutôt à une intimidation publique qu’à une solution technique d’exécution.
Je refuse que la justice se transforme en instrument de punition collective. Mettre au banc les épouses et blesser les enfants pour récupérer de l’argent crée un précédent toxique et ouvre la voie à des représailles familiales disproportionnées. La réparation des torts doit rester ciblée, proportionnée et respectueuse des droits privés. Si l’on tolère aujourd’hui cette dérive, on creuse la tombe de la frontière qui protège la famille contre l’acharnement judiciaire et public. Je demande que la raison l’emporte et que la loi protège ceux qui n’ont pas à payer pour la faute d’un proche.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Diop.
Mis en ligne : 04/02/2026
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