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Je suis en couple avec une femme qui me dit m’aimer, mais le travail lui prend tellement de temps que nos moments habituels de conversation se sont effilochés. Moi aussi je travaille beaucoup et j’avais déjà réduit les appels du matin; quand elle m’en a parlé, j’ai cherché une solution et réglé la situation. Aujourd’hui nos échanges se limitent souvent à un bonsoir, ou à des appels qui tombent quand je dors. Je me demande ce que tout cela signifie pour l’avenir de notre relation.
Nous avions des rituels simples: des appels matinaux pour se souhaiter la journée, des discussions le soir pour raconter ce qui s’était passé. Peu à peu ces rituels ont cédé la place aux impératifs professionnels. Elle se plonge dans son projet et n’appelle plus la nuit; elle m’a dit qu’elle ne m’appellera que lorsqu’elle sera disponible. De mon côté, je dors tôt, autour de vingt-deux heures, et je me heurte aux sonneries qui m’extirpent du sommeil ou aux appels que je rate parce que je suis déjà endormi. La distance n’est pas géographique, elle est temporelle et émotionnelle: le temps que nous pouvons offrir l’un à l’autre s’amenuise.
Je garde l’idée que le temps donné à l’autre constitue un cadeau précieux dans une relation. Ce n’est pas une formule romantique vide, c’est une mesure concrète de priorité et d’investissement. Lorsque l’un des deux partenaires réduit systématiquement la disponibilité émotionnelle, la relation vacille sur ses appuis. J’observe une asymétrie: j’ai modifié mes habitudes pour maintenir le lien, elle a choisi de réserver ses appels aux plages où elle se sent disponible. Cette logique peut fonctionner si les deux acceptent les nouvelles règles, mais elle devient problématique quand l’un ressent l’absence comme un rejet.
Le temps partagé nourrit la confiance et la construction d’un projet commun. Si je veux une relation sérieuse, capable d’aboutir au mariage, il faut que nous trouvions des modalités qui permettent à la fois l’engagement professionnel et la présence affective. Je n’exige pas une disponibilité permanente, mais je souhaite une clarté sur ce que représente pour elle «être disponible». Est-ce que cela signifie des conversations planifiées, des messages réguliers, ou simplement un accord tacite sur le fait que le lien reste prioritaire? Sans réponse, l’incompréhension s’installe et transforme la patience en ressenti amer.
J’essaie d’interpréter sans juger: peut-être qu’elle vit un moment professionnel intense qui exige une concentration totale; peut-être qu’elle gère le stress en réduisant les interactions. Pourtant je ressens le déficit de temps comme un manque concret. La question centrale devient la suivante: comment faire la part des choses entre ambition individuelle et projet de couple sans sacrifier l’un au profit de l’autre? Pour moi, la réponse passe par des choix explicites plutôt que par des ajustements implicites. Dire «je ne peux t’appeler que quand je suis disponible» manque de précision et laisse place à l’incertitude.
À défaut d’ajouter des faits nouveaux, je m’appuie sur ce que nous vivons: nos horaires, nos habitudes, nos échanges nocturnes réduits. J’observe les conséquences immédiates: fatigue relationnelle, appels manqués, échanges superficiels. J’entends aussi ma propre responsabilité: j’ai modifié mes matins pour préserver le lien; je peux proposer d’autres arrangements. Planifier un créneau hebdomadaire pour discuter en profondeur, convenir d’un signal simple pour manifester la présence sans déranger, ou s’accorder sur des messages réguliers de soutien seraient des pistes issues de notre vécu, sans imposer des solutions toutes faites.
Je reste convaincu que le temps offert à l’autre est le plus beau cadeau dans une relation et que réussir à construire une histoire solide suppose de savoir répartir les priorités. Je veux que mon engagement et le sien se rencontrent quelque part entre les obligations professionnelles et le désir de construire quelque chose de durable. Si elle tient à moi, alors il faudra transformer la phrase «je t’appellerai quand je serai disponible» en gestes concrets et en accords clairs, pour que le temps que nous partageons redevienne un espace vivant et partagé.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 05/02/2026
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