Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Le 2 février, au Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, le dossier opposant Mame Mbaye Niang et Ousmane Sonko a été renvoyé devant la 3e Chambre civile pour dépôt d’écritures et examen de pièces. Les avocats de Mame Mbaye Niang accusent Ousmane Sonko de dissimulation frauduleuse d’un terrain à la Cité Keur Gorgui afin d’échapper au paiement de 200 millions de francs CFA résultant d’une condamnation pour diffamation prononcée en 2023. La procédure civile s’ouvre donc sur un conflit qui mêle dettes, biens immobiliers et responsabilité publique.
Je pense que ce basculement vers le civil est une opportunité plutôt qu’un simple rebondissement judiciaire. Plutôt que de voir la justice comme un instrument de revanche, j’y vois une chance de mettre en lumière la manière dont des dirigeants répondent de leurs actes et de leurs obligations financières. Le citoyen gagne ainsi un terrain d’évaluation concret, où la transparence aurait sa place.
La condamnation pénale finale du leader du Pastef en 2023 avait fixé une créance de 200 millions de francs CFA au profit de Mame Mbaye Niang. Les contestations actuelles portent sur la mutation d’un droit au bail d’un terrain de 264 m², qualifiée par la partie demanderesse d’opération visant à provoquer l’insolvabilité.
J’affirme que ce duel judiciaire peut contribuer à restaurer l’image des acteurs politiques si les procédures se déroulent à visage découvert. La clarté des pièces, la publicité des arguments et la rigueur des jugements offrent au public un miroir dans lequel il peut mesurer la cohérence entre la parole publique et la gestion privée. Quand un dirigeant est appelé à répondre de son patrimoine, il engage non seulement sa personne mais aussi la confiance que les citoyens lui accordent.
Premièrement, la transparence procède d’un principe simple: les responsables publics ne doivent pas se soustraire à leurs obligations. Si la justice civile démontre une tentative d’appauvrissement frauduleux, le jugement portera une réponse nette et pédagogique pour l’opinion. Si à l’inverse les transferts immobiliers s’avèrent conformes au droit, la même publicité permettra de lever les doutes et de réhabiliter la réputation. J’aime l’idée que la justice puisse être un filtre qui sépare l’apparence de la réalité.
Deuxièmement, ce procès éclaire la manière dont les mécanismes juridiques encadrent les relations entre sphère politique et patrimoine. Les règles du Code des obligations civiles et commerciales existent pour prévenir la fraude et protéger les créanciers. En instruisant un dossier où sont confrontés un décret, un bail et des écritures, la Cour expose au regard public des faits concrets plutôt que des rumeurs. C’est une pédagogie civique: les citoyens apprennent comment fonctionne la responsabilité financière.
Troisièmement, la publicité du procès permet de comparer. On peut comparer ce cas à d’autres affaires où des dirigeants ont su éclaircir leur situation et regagner la confiance, comme on peut comparer avec des dossiers restés opaques et destructeurs pour l’image publique. Ces comparaisons aident à comprendre que la transparence n’est pas une concession mais une stratégie de crédibilité durable.
Je soutiens que la mise en lumière des pièces et des écritures renforcera la responsabilité des élites. Le débat judiciaire oblige à la preuve; il transforme une accusation en matière vérifiable. Les avocats, les juges et les journalistes jouent ici un rôle civique: permettre au public d’examiner des éléments concrets. Lorsque la justice fonctionne ainsi, elle produit non seulement une décision mais aussi un enseignement collectif sur l’éthique publique.
En pratique, la procédure civile peut déboucher sur plusieurs issues utiles: confirmation d’une condamnation financière avec mise sous contrainte des biens, annulation d’opérations frauduleuses, ou au contraire justification des transferts et réhabilitation. Chacune de ces issues envoie un signal très clair aux électeurs et aux acteurs politiques. La transparence transforme une affaire privée en matière publique réglée selon des règles.
Les textes du Code des obligations civiles et commerciales, et l’article 200 cité par la partie demanderesse, servent de socle juridique. La jurisprudence relative à la simulation d’insolvabilité montre que les tribunaux peuvent annuler des actes et rétablir une situation patrimoniale pour garantir l’exécution des condamnations. Ces précédents permettent d’envisager des solutions concrètes pour assurer l’exécution des dettes sans qu’il y ait impunité.
Je crois que ce duel judiciaire, douloureux pour les intéressés, peut devenir un exercice de transparence salutaire pour la vie publique sénégalaise. Si les audiences restent ouvertes, si les pièces circulent et si les décisions sont motivées, les électeurs disposeront d’éléments concrets pour juger la conduite de leurs dirigeants. Au lieu de masquer les désaccords derrière des polémiques, la voie civile peut offrir une sortie honorable: la vérité factuelle, établie devant la loi, restaure la confiance mieux que toute défense d’apparat.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Aboubackry.
Mis en ligne : 06/02/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.




