Affaire Madiambal : Un verdict qui ébranle la crédibilité du dossier judiciaire - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 09/02/2026 12:02:20

Affaire Madiambal : Un verdict qui ébranle la crédibilité du dossier judiciaire

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Le 5 février 2026, la Cour suprême a rejeté le recours en cassation du parquet général financier contre la décision de la chambre d’accusation qui avait accordé la liberté provisoire à Serigne Oumar Mbaye. Le marabout est poursuivi pour complicité dans l’affaire dite Ellipse Projects, liée à des rétrocommissions présumées impliquant le journaliste Madiambal Diagne et sa société immobilière. La décision confirme la sortie possible de prison de l’intéressé.

Je pense que ce rejet met en lumière des faiblesses évidentes dans la conduite de l’enquête et dans la solidité des charges réunies par les magistrats. La Cour suprême n’a pas seulement statué sur une formalité procédurale, elle a rendu un verdict politique sur la capacité de l’instruction à assembler des preuves convaincantes.

L’affaire remonte à des investigations sur la SCI Pharaon et des opérations financières jugées irrégulières; plusieurs proches de Madiambal Diagne ont déjà bénéficié de libertés provisoires, tandis que le juge financier avait ordonné plusieurs gardes à vue et mandats de dépôt.

Je suis préoccupé par la faiblesse apparente du dossier contre des prévenus présentés comme centraux dans le mécanisme financier dénoncé. La justice ne gagne rien à user d’affirmations vagues ou d’éléments circonstanciels sans lien opérationnel direct. La Cour suprême a visiblement estimé que le parquet n’avait pas renversé les doutes raisonnables qui pèsent sur la participation effective de Serigne Oumar Mbaye aux flux contestés.

L’instruction semble s’appuyer sur des proximités sociales et des présomptions de complicité plutôt que sur des traces financières irréfutables. J’observe un flou qui rappelle des dossiers antérieurs où des mises en examen reposaient sur des correspondances amicales ou des rencontres sans preuve de transfert de fonds. Cette manière de procéder fragilise la crédibilité des poursuites et donne l’impression d’une justice qui tente de rattraper une affaire médiatique plutôt que de la traiter sur le fond.

D’abord, l’absence de pièces comptables incontestables ou d’ordres de virement clairement attachés aux prévenus affaiblit la thèse pénale. Ensuite, la dépendance aux témoignages indirects ou aux interprétations de structures comme une SCI crée des zones d’ombre exploitables par la défense. Enfin, la rapidité de certaines décisions de mise en détention avant un examen approfondi du dossier pose une question de proportionnalité et de présomption d’innocence.

Je refuse l’idée que toute proximité sociale doive devenir une preuve. La présomption d’innocence existe pour une raison et la justice perd son lustre lorsque les incertitudes factuelles sont présentées comme des certitudes. La liberté provisoire accordée à des proches et maintenant presque à Serigne Oumar Mbaye illustre qu’au moins une part du dossier reposait sur des éléments insuffisants.

Le rejet du recours du parquet démontre, selon moi, que l’instruction n’a pas réussi à rassembler des preuves solides. La Cour suprême a rappelé la nécessité d’une preuve matérielle et d’un lien opérationnel entre les protagonistes et les flux financiers. Comparé à des enquêtes financières réussies dans d’autres pays, où les audits bancaires et les saisies documentaires construisent des chaînes de responsabilité, ici le dossier paraît incomplet. Comme lorsqu’on tente de monter une chaîne sans tous les maillons, la construction judiciaire s’effrite.

Des exemples étrangers montrent l’importance d’expertises comptables indépendantes et de coopération bancaire pour traduire des soupçons en charges durables. Ici, l’absence apparente de tels éléments publics laisse la porte ouverte à des stratégies de défense efficaces et à une usure de la confiance populaire envers les institutions judiciaires.

Je reste convaincu que le refus de la Cour suprême interroge plus qu’il ne rassure. La justice doit poursuivre les possibles malversations, mais elle ne doit pas confondre présomption et preuve. Si l’instruction veut convaincre l’opinion et résister aux recours, elle devra désormais produire des pièces irréfutables et des liaisons financières tangibles. Sans cela, les mises en examen risquent de rester des épées de Damoclès sans fondement, et la crédibilité judiciaire en sortira fragilisée.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ousmane Gaye.
Mis en ligne : 09/02/202
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