Macky Sall à l’ONU : Une candidature indécente pour le Sénégal - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 12/02/2026 12:02:00

Macky Sall à l’ONU : Une candidature indécente pour le Sénégal

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Alors que le 39e Sommet de l’Union africaine se tient à Addis-Abeba, une rumeur persistante agite la scène politique sénégalaise : l’ancien président Macky Sall serait pressenti pour briguer le poste de Secrétaire général des Nations unies. Cette perspective, évoquée par le président congolais Denis Sassou Nguesso, a suscité une vague d’indignation au Sénégal.

Soutenir une telle candidature reviendrait à ignorer la douleur des familles des victimes des violences politiques récentes et à trahir la mémoire des dizaines de Sénégalais tués sous son mandat.

Entre 2021 et 2024, le Sénégal a connu une période de tensions politiques marquées par une répression sanglante. Selon des enquêtes indépendantes, au moins 65 personnes ont perdu la vie, dont 51 tuées par balles lors de manifestations, souvent réprimées par les forces de l’ordre ou des groupes armés proches du pouvoir. Ces violences, documentées par des collectifs de journalistes et des ONG comme Amnesty International, ont laissé des cicatrices profondes dans la société sénégalaise, notamment parmi les jeunes, qui représentaient la majorité des victimes.

L’article factuel souligne que la participation du Premier ministre Ousmane Sonko au sommet de l’UA s’inscrit dans une mission diplomatique conférée par le président Bassirou Diomaye Faye. Pourtant, c’est l’ombre de Macky Sall qui plane sur cet événement. Son éventuelle candidature à l’ONU, si elle était soutenue par le Sénégal, enverrait un message désastreux : celui de l’impunité pour les responsables de violences politiques. Les réactions de la société civile et de certains députés, comme Guy Marius Sagna, sont sans équivoque : « Le Sénégal ne peut pas soutenir la candidature de quelqu’un qui a encouragé l’assassinat de près de 100 Sénégalais ».

Macky Sall a quitté le pouvoir sous le poids de controverses, notamment pour avoir tenté de reporter l’élection présidentielle de 2024, une décision qui a plongé le pays dans une crise majeure et causé des dizaines de morts. Son héritage est aussi marqué par des « anomalies » dans la gestion des finances publiques, avec une dette atteignant près de 100 % du PIB.

Les familles des victimes des violences de 2021-2024 attendent toujours justice. Soutenir Macky Sall, c’est nier leur souffrance et légitimer l’usage disproportionné de la force contre des manifestants pacifiques, souvent jeunes et désarmés.

Accorder un tel poste à un dirigeant dont le mandat a été entaché de violations des droits humains enverrait un message ambigu à d’autres régimes autoritaires du continent. Cela risquerait de normaliser l’impunité et d’affaiblir la crédibilité des institutions internationales, censées défendre la justice et la démocratie.

L’histoire récente de l’Afrique regorge d’exemples où des dirigeants controversés ont tenté de se recycler sur la scène internationale. Pourtant, rares sont ceux qui ont réussi à effacer leur passé trouble. Le cas de Macky Sall rappelle celui d’autres figures politiques africaines dont les candidatures à des postes internationaux ont été rejetées en raison de leur bilan national contesté. Le Sénégal, souvent cité en exemple pour sa stabilité démocratique, ne peut se permettre de cautionner une telle démarche.

Soutenir la candidature de Macky Sall à l’ONU serait une erreur morale et politique. Ce serait trahir la mémoire des victimes, affaiblir la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale, et envoyer un signal désastreux aux régimes autoritaires. Le pays doit plutôt se concentrer sur la réconciliation nationale, la justice pour les victimes, et la consolidation de sa démocratie. La communauté internationale, quant à elle, doit rappeler que les postes de responsabilité mondiale exigent une intégrité sans faille et un respect scrupuleux des droits humains.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 12/02/202
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