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Le centre de santé de Kolda a un nouveau comité de développement sanitaire présidé par Vieux Bounly Diédhiou, installé récemment pour évaluer l’état des lieux du centre. La commission a recensé des défaillances majeures: morgue hors service depuis des années, toilettes non fonctionnelles, raccordement en eau défectueux, alimentation électrique intermittente et une dette d’environ 20 millions de FCFA contre un fond de caisse de peu plus de 3 millions. Vieux Bounly Diédhiou qualifie le bilan de « constat amer et triste ».
L’équipe arrivée aux commandes hérite donc d’une structure affaiblie, avec des services essentiels qui fonctionnent au ralenti et des ressources financières manifestement insuffisantes pour couvrir les besoins immédiats.
La morgue du centre de santé est inutilisable depuis plusieurs années et les corps sont orientés vers l’hôpital régional ou vers des mosquées disposant de chambres froides, tandis que la maternité reçoit de l’eau avec difficulté à cause du mauvais raccordement.
Le relevé factuel livre plusieurs séries d’éléments qui posent question sur la gestion passée et sur l’utilisation des fonds. La morgue en panne traduit une absence d’investissement en équipements ou en maintenance depuis plusieurs exercices budgétaires, ce qui soulève l’hypothèse d’un décaissement insuffisant ou mal affecté. Le transfert régulier des défunts vers l’hôpital régional engendre des coûts logistiques et moraux pour les familles, et impose une charge indirecte aux structures voisines.
La défaillance des toilettes et le mauvais raccordement en eau affectent la qualité des soins et la sécurité sanitaire, en particulier pour la maternité qui dépend d’un approvisionnement continu. L’alimentation électrique défectueuse par endroits compromet la conservation des médicaments et la tenue des consultations nocturnes. Ces manques opérationnels s’ajoutent à un problème financier net: une masse salariale que le nouveau président qualifie d’insupportable, des cas sociaux qui grevent le budget, une dette de près de 20 millions de FCFA et un fond de caisse de seulement un peu plus de 3 millions.
Ces faits convergent vers une nécessité de transparence dans la gestion précédente. Premièrement, il est indispensable de disposer d’un état détaillé des recettes et des dépenses des trois dernières années afin de comprendre l’origine de l’insuffisance de financement et de la dette accumulée. Deuxièmement, il faut obtenir la liste des marchés et des contrats passés pour la maintenance et les achats d’équipements, pour vérifier si les fonds ont été engagés mais non utilisés ou détournés. Troisièmement, l’analyse des effectifs et de la masse salariale doit préciser la part des rémunérations régulières, des primes et des charges sociales, ainsi que la prise en charge des cas sociaux invoqués.
Un comparatif simple avec le centre de santé d’une préfecture voisine permettrait d’objectiver les écarts de dépenses par patient et par poste; une autre comparaison avec les normes nationales de financement des centres de santé mettrait en lumière les insuffisances structurelles ou les anomalies de gestion.
Des documents budgétaires, des bordereaux de paiement et des rapports d’activité existent normalement dans les archives administratives et dans la trésorerie locale; leur consultation offrirait des éléments vérifiables. Des audits externes menés par des cabinets indépendants ou par l’inspection régionale de la santé fourniraient des chiffres précis sur les factures réglées, les marchés exécutés et les éventuels engagements non honorés.
Les constats matériels et financiers dressés à Kolda décrivent une structure sanitaire abandonnée à son sort et une gestion passée qui nécessite d’être clarifiée par des pièces et des comptes. La combinaison d’une morgue inutilisable, d’installations sanitaires dégradées, d’une alimentation en eau et en électricité défaillante et d’un déséquilibre financier important oblige à demander des explications documentées sur l’utilisation antérieure des fonds et sur les décisions qui ont conduit à cette situation. Sans ces éléments vérifiables, il restera difficile d’envisager un redressement durable pour le centre de santé de Kolda.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Fatou K.
Mis en ligne : 09/02/2026
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