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La Fédération sénégalaise de basket-ball (FSBB) a officiellement annoncé le retour de Cheikh Sarr comme sélectionneur des Lionnes. Ce choix, loin d’être anodin, s’inscrit dans une logique de continuité et d’exigence. Après une expérience riche au Rwanda, où il a contribué à structurer et à élever le niveau du basketball local, Sarr revient avec une mission claire : redonner à l’équipe féminine sénégalaise sa place de leader sur la scène africaine et internationale.
Je vois dans cette décision une volonté de conjuguer expertise, rigueur et ambition, des valeurs que Cheikh Sarr incarne depuis des décennies.
Le Sénégal est une nation historique du basketball féminin en Afrique, avec onze titres continentaux et une présence régulière sur les podiums. Pourtant, ces dernières années, les Lionnes ont frôlé le sacre sans parvenir à le décrocher, subissant notamment la loi du Nigeria en finale de l’Afrobasket 2019 à Dakar. Le basket féminin sénégalais, malgré son palmarès, traverse une période de transition, où la compétition s’intensifie et où de nouvelles nations émergent, comme le Soudan du Sud ou le Mali. Dans ce contexte, le retour de Sarr n’est pas seulement un retour aux sources, mais une réponse stratégique à un besoin de stabilité et de vision à long terme.
Cheikh Sarr n’est pas un inconnu : il a déjà conduit les Lionnes en finale de l’Afrobasket 2019 et en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2018, des performances qui témoignent de sa capacité à hisser l’équipe au plus haut niveau. Son passage au Rwanda, où il a formé des entraîneurs, structuré des programmes de développement et obtenu des résultats significatifs (demi-finale de l’Afrobasket féminin, médaille de bronze à l’Afrocan masculin), a renforcé son expertise et sa crédibilité. Il revient donc avec une expérience enrichie, une connaissance approfondie des enjeux du basket africain et une détermination intacte.
Cheikh Sarr est l’un des rares entraîneurs africains à avoir conduit une équipe féminine africaine au deuxième tour d’une Coupe du monde (2018). Son approche, alliant rigueur tactique, gestion mentale et développement des jeunes talents, a fait ses preuves. Au Rwanda, il a su transformer des équipes en prétendantes crédibles, malgré des moyens limités. Son retour est donc un gage de sérieux et de professionnalisme.
L’un des points faibles récurrents du basket sénégalais a été le manque de continuité dans les projets techniques. Sarr, lui, prône une approche structurée, basée sur la formation, la discipline et l’identité collective. Il a toujours insisté sur l’importance d’un projet de jeu clair et d’une préparation rigoureuse, deux éléments qui ont souvent fait défaut ces dernières années.
Sarr est aussi connu pour sa capacité à fédérer autour de lui, à former des cadres techniques et à insuffler une culture de la performance. Son passage au Rwanda a montré qu’il savait travailler avec les fédérations, les clubs et les jeunes, créant ainsi un écosystème vertueux. Au Sénégal, où le basket féminin souffre parfois d’un manque de cohésion et de vision commune, son leadership pourrait être décisif.
La FSBB, en rappelant Sarr, envoie un message fort : elle mise sur la stabilité et la confiance, plutôt que sur des changements fréquents d’entraîneurs. C’est une décision courageuse, car elle suppose d’assumer les résultats sur le long terme, mais c’est aussi la seule voie pour construire une équipe compétitive et résiliente.
Les Lionnes doivent disputer les éliminatoires de la Coupe du monde dès mars 2026. Avec Sarr, le Sénégal dispose d’un technicien capable de préparer rapidement l’équipe, de mobiliser les joueuses et de leur donner les clés pour performer sous pression. Son expérience des compétitions internationales est un atout majeur dans ce contexte.
Le retour de Sarr pourrait aussi avoir un impact positif sur le basketball sénégalais dans son ensemble. Son engagement pour la formation des entraîneurs et des jeunes joueuses pourrait inspirer une nouvelle génération et renforcer la base du basket féminin national. Des initiatives comme le SEED Project au Sénégal montrent que le basket féminin peut être un vecteur d’émancipation et de développement social, à condition d’être bien encadré.
Le Nigeria domine le basket féminin africain depuis plusieurs années, mais le Sénégal a les moyens de rivaliser. Avec Sarr, les Lionnes pourraient retrouver la régularité et la combativité qui leur ont permis, par le passé, de dominer le continent. Son approche tactique et son expérience des duels serrés pourraient faire la différence.
La nomination d’un entraîneur de la trempe de Cheikh Sarr peut aussi attirer l’attention des partenaires et des médias, essentiels pour le développement du sport féminin. Des programmes comme « Her World, Her Rules » de la FIBA montrent que le basket féminin africain a un potentiel énorme, à condition d’être soutenu et médiatisé.
Le parcours du Soudan du Sud, qui a réussi à se hisser parmi les meilleures nations africaines en quelques années grâce à une approche structurée et inclusive, est un exemple à suivre. Comme Sarr l’a fait au Rwanda, il s’agit de combiner ambition sportive et développement social, en s’appuyant sur des valeurs fortes et une vision claire. Le Sénégal a tous les atouts pour réussir cette transition, à condition de donner les moyens à son sélectionneur de travailler sereinement.
Je suis convaincu que le retour de Cheikh Sarr est une excellente nouvelle pour le basket féminin sénégalais. C’est un choix qui allie expérience, ambition et pragmatisme. Bien sûr, les défis sont nombreux : il faudra gérer les attentes, fédérer les énergies et obtenir des résultats rapides. Mais avec un technicien de son calibre, le Sénégal se donne les moyens de retrouver sa place parmi l’élite mondiale.
Je souhaite donc plein succès à Cheikh Sarr et aux Lionnes. Ce retour est une opportunité unique de redonner au basket féminin sénégalais ses lettres de noblesse, de former une nouvelle génération de joueuses et d’inscrire le Sénégal dans une dynamique de performance durable. Le chemin sera exigeant, mais avec rigueur, passion et unité, les Lionnes peuvent à nouveau rugir sur les parquets du monde entier.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 12/02/2026
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