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L’actualité politique sénégalaise est marquée par la procédure de levée de l’immunité parlementaire du député-maire des Agnam, Farba Ngom. Récemment, sa demande de présence physique devant la commission ad hoc et la séance plénière a relancé le débat sur le respect des droits fondamentaux des élus, même en situation de détention. Je souhaite ici saluer cette initiative, qui rappelle à tous l’importance du principe du contradictoire et de l’équité procédurale, piliers essentiels de notre démocratie.
Farba Ngom, figure politique influente et député de l’Alliance pour la République (APR), est actuellement détenu dans le cadre d’une affaire judiciaire complexe. Sa détention, perçue par ses soutiens comme politiquement motivée, soulève des questions sur l’indépendance de la justice et l’égalité des citoyens devant la loi. Dans ce contexte tendu, sa requête pour assister en personne à son audition et à la séance plénière n’est pas une simple formalité : elle incarne une exigence de transparence et de respect des règles parlementaires. En effet, comment garantir une procédure juste si l’intéressé ne peut se défendre pleinement ? Cette question dépasse le cas individuel de Farba Ngom et interroge la crédibilité même de nos institutions.
La demande de Farba Ngom s’inscrit dans une logique de défense de ses droits les plus élémentaires. Selon les principes constitutionnels et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la levée de l’immunité parlementaire doit être encadrée par des garanties strictes, notamment le droit pour le député de présenter sa défense en personne. Ce droit n’est pas négociable : il est la condition sine qua non d’une procédure équitable. Refuser cette demande reviendrait à entacher la décision finale d’un doute légitime sur son impartialité. Or, dans un État de droit, la légitimité des décisions repose sur leur conformité aux règles et aux valeurs démocratiques.
Plusieurs arguments plaident en faveur de l’acceptation de cette demande. D’abord, le principe du contradictoire est un fondement du droit : toute personne a le droit de connaître et de discuter les accusations portées contre elle. Ensuite, l’histoire judiciaire récente du Sénégal montre que les procédures de levée d’immunité peuvent être perçues comme expéditives ou partiales, surtout lorsqu’elles concernent des figures de l’opposition. Permettre à Farba Ngom de s’exprimer directement devant ses pairs renforcerait la confiance dans le processus et éviterait toute suspicion d’arbitraire. Enfin, des comparaisons avec d’autres pays africains, comme le Gabon ou l’Afrique du Sud, montrent que le respect des droits des parlementaires, même en détention, est une norme internationale reconnue.
À l’instar de cas similaires en Afrique, où des parlementaires ont pu bénéficier de garanties procédurales renforcées, le Sénégal a tout à gagner à montrer l’exemple. En Afrique du Sud ou au Royaume-Uni, les procédures de levée d’immunité sont strictement encadrées pour éviter tout abus. Au Gabon, par exemple, la simple menace de levée d’immunité sans garantie de défense a suscité une vive controverse, rappelant l’importance de la transparence. Le Sénégal, souvent cité pour la maturité de sa démocratie, ne peut se permettre de déroger à ces standards.
La demande de Farba Ngom est bien plus qu’une requête individuelle : elle est un test pour notre démocratie. En permettant au député de se défendre en personne, l’Exécutif et l’Assemblée nationale enverraient un signal fort de respect des droits fondamentaux et de la séparation des pouvoirs. Ce serait aussi une occasion de réaffirmer que, même dans les moments de tension politique, le Sénégal reste attaché aux principes d’équité et de justice. Je forme le vœu que cette affaire soit l’opportunité de renforcer la confiance dans nos institutions, plutôt que de l’éroder.
Cette affaire soulève aussi la question de la détention provisoire et de son usage dans les dossiers politiquement sensibles. Une réflexion plus large sur la réforme de la justice et la protection des droits des élus s’impose, pour éviter que de tels dilemmes ne se reproduisent à l’avenir.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 13/02/2026
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