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Le 6 décembre 2025, les prix du carburant ont été réduits au Sénégal: le super est passé de 990 F à 920 F et le carburant ordinaire de 755 F à 680 F. L’Association pour le financement du transport urbain (AFTU), dirigée en partie par Mohamed Ndoye, avait annoncé un retour de la sous-section à 100 F sur ses lignes «dans les prochaines semaines ou dans un mois». Depuis cette déclaration, aucune mise en oeuvre n’a été constatée à Dakar.
La promesse non tenue pèse sur les usagers et interroge la réactivité des autorités. Le silence de AFTU contraste avec la rapidité observée lors des hausses tarifaires, et l’absence d’une directive ministérielle alimente le soupçon d’un laisser-faire préjudiciable aux voyageurs.
AFTU exploite 72 lignes couvrant 52 des 53 communes de Dakar, selon les déclarations publiques de son représentant. Seule l’organisation Frapp Pikine a appelé à compenser partiellement le manque à gagner des passagers en demandant de garder 50 F sur le ticket.
La chronologie est simple et révélatrice: baisse du prix du carburant le 6 décembre 2025, promesse d’AFTU d’abaisser la sous-section à 100 F, puis absence d’application. Cette suite factuelle met en lumière plusieurs manquements institutionnels. D’abord, l’absence d’un mécanisme contraignant entre l’État et les transporteurs permet à une fédération privée de différer une réduction tarifaire annoncée. Ensuite, le ministère des Transports n’a publié aucune directive ni calendrier public obligeant les exploitants à ajuster immédiatement leurs tarifs. Enfin, les structures de contrôle du respect des tarifs, qu’elles soient administratives ou associatives, sont restées inactives ou inaudibles.
Les conséquences sont chiffrables pour des millions de passagers qui empruntent quotidiennement les lignes exploitées par AFTU. Si la sous-section était effectivement réduite à 100 F, la baisse représenterait une économie substantielle sur un mois pour un travailleur utilisant deux trajets par jour. L’absence de cette réduction transfère directement le bénéfice de la baisse du carburant vers les marges des transporteurs ou vers des réserves non transparentes, au détriment du pouvoir d’achat populaire.
La défaillance de l’État se manifeste par l’inertie réglementaire. Le ministère des Transports, présidé par Yankhoba Diémé, dispose pourtant de leviers administratifs: obligation de publication des nouveaux tarifs, contrôles inopinés, sanctions pour non-respect des promesses tarifaires. Ces outils n’ont pas été mobilisés publiquement. Par ailleurs, l’absence d’une réaction coordonnée des associations de consommateurs, comme Ascosen dirigée par Momar Ndao, crée un vide civique: personne n’a engagé de procédure ou de campagne de pression pour exiger l’application immédiate de la baisse.
Comparaison avec d’autres secteurs montre la différence de traitement: lors d’augmentations de tarifs d’électricité ou de transport dans d’autres pays de la région, les autorités imposent des ajustements rapides ou publient des décrets. Ici, le rythme est inverse: quand le coût augmente, la réaction est instantanée; quand le coût diminue, l’usager attend. Une deuxième comparaison oppose la posture d’AFTU à celle d’un opérateur public soumis à contrôle: un opérateur public aurait publié un calendrier précis et des rapports d’impact.
Des données disponibles sur la fréquentation des transports urbains à Dakar estiment que des centaines de milliers de voyageurs sont touchés chaque jour par ces lignes. Des études nationales sur le budget des ménages montrent que le transport représente une part significative des dépenses quotidiennes des classes populaires. Ces éléments factuels renforcent l’argument selon lequel le non-respect d’une promesse tarifaire a un effet réel et mesurable sur le pouvoir d’achat.
Les faits sont posés: promesse d’AFTU, silence opérationnel, absence d’intervention ministérielle, impact sur des millions d’usagers. Ce scénario révèle une défaillance de l’État dans sa fonction de régulateur et une permissivité qui favorise l’immobilisme des transporteurs. Le dossier n’est pas une querelle corporatiste; il concerne la justice tarifaire et la protection des consommateurs. L’attente des passagers mérite des réponses vérifiables et rapides, pas des promesses orales restées sans effet.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Mounass N.
Mis en ligne :17/02/2026
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