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Je suis mariée depuis six mois et je porte mon premier enfant. Chaque jour, je mesure la chance d’avoir une famille, un foyer et un mari qui travaille dur. Mon mari gagne 400 000 francs CFA par mois, ce qui, pour beaucoup, serait une somme confortable. Mais depuis que nous nous sommes mariés, j’ai commencé à réaliser que l’argent, parfois, devient plus qu’un moyen de vivre : il devient un test, un symbole, et parfois un point de tension.
Chaque mois, il donne 100 000 francs à sa famille — ses parents, ses frères et sœurs — pour aider à la maison. À moi, il me donne 150 000 francs pour gérer notre foyer et mes dépenses personnelles. Je ne travaille pas encore, donc cette somme est censée couvrir tout ce dont nous avons besoin. Mais voilà le point délicat : depuis notre mariage, il n’a jamais donné le moindre sou à mes parents ou à mes frères et sœurs. Et moi, je trouve ça difficile à accepter. Je ne parle pas de luxes, juste de symboles de respect et de partage, ce que nous faisons tous au Sénégal dans nos familles.
J’ai essayé d’aborder le sujet avec lui. Je lui ai proposé une idée simple : instaurer une sorte de rotation. Un mois, sa famille ; le mois suivant, ma famille. Je pensais que ce serait juste, équilibré et logique. Mais il a refusé. Selon lui, si je veux aider mes parents, je devrais le faire à partir de l’argent qu’il me donne pour moi. Les 150 000 francs. Je ne sais pas si vous avez essayé de vivre avec cette somme au Sénégal avec un ventre qui s’arrondit et les besoins d’une maison, mais ce n’est pas simple. Le marché est cher, les prix augmentent, et chaque centime compte. Prendre sur mon budget pour aider mes parents me semble impossible, presque injuste.
Je me retrouve alors entre deux mondes : mon respect pour ma belle-famille et mes obligations envers ma famille d’origine. C’est une tension qui me pèse tous les jours. Je sais que mon mari ne veut pas mal faire, qu’il agit selon sa manière de voir la vie et la famille. Mais j’ai l’impression que quelque chose ne tourne pas rond, que le partage de l’argent ne devrait pas devenir un champ de bataille. Au Sénégal, nous parlons beaucoup de solidarité familiale, de « respect des anciens » et de soutien aux frères et sœurs. Mais qu’en est-il quand deux familles se retrouvent dans un même foyer et que l’équilibre financier devient un sujet de discorde ?
Je ne veux pas que cette situation nuise à notre couple ni à notre bébé. Je cherche juste une solution pour que chacun se sente respecté, pour que mes parents soient inclus, même symboliquement, et que mon mari ne se sente pas trahi ou critiqué. Peut-être qu’il faudrait trouver un terrain d’entente, un compromis qui ne mette personne en difficulté. Peut-être qu’un simple dialogue ouvert, où chacun exprime ses attentes, pourrait suffire.
Aujourd’hui, je me confie ici parce que je sais que beaucoup de jeunes couples sénégalais traversent la même épreuve. La gestion de l’argent dans un mariage, surtout lorsqu’on jongle avec deux familles et des ressources limitées, n’est jamais simple. Mais parler, réfléchir et chercher ensemble un équilibre reste la clé. C’est tout ce que je souhaite pour notre futur, pour notre bébé, et pour la paix dans nos familles.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 17/02/2026
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