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L’affaire révélée par la Brigade de recherches de Keur Massar, où quatre individus séropositifs ont avoué avoir multiplié les rapports sexuels non protégés depuis plusieurs années, est plus qu’un fait divers : c’est un scandale sanitaire et éthique. Ces actes, qualifiés de transmission volontaire du VIH, rappellent cruellement que la lutte contre cette épidémie ne se limite pas à la prise en charge médicale, mais exige aussi une responsabilité individuelle et collective.
Je considère que cette situation illustre un double échec : celui de la prévention et celui de la sensibilisation, malgré les progrès médicaux et les lois en vigueur.
Au Sénégal, la transmission volontaire du VIH est punie par la loi de 2010, avec des peines allant jusqu’à dix ans de prison et des amendes pouvant atteindre 5 millions de francs CFA. Pourtant, malgré ce cadre juridique strict, des réseaux continuent d’exposer délibérément des partenaires à un risque mortel. Selon les autorités, près de 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, et 92 % d’entre elles, sous traitement, ne transmettent plus le virus. Mais ces chiffres masquent une réalité plus sombre : celle de personnes qui, en toute connaissance de cause, choisissent de mettre en danger la vie d’autrui, souvent dans des contextes de vulnérabilité ou de marginalisation sociale.
Les aveux des suspects interpellés à Keur Massar sont accablants. Ils révèlent une méconnaissance ou un mépris des conséquences de leurs actes, mais aussi un système de prévention défaillant. Comment expliquer que des individus, informés de leur séropositivité, persistent dans des comportements à haut risque ? La réponse réside en partie dans l’insuffisance des programmes d’éducation sexuelle et de sensibilisation, notamment auprès des populations les plus exposées. Les campagnes de prévention, bien que présentes, peinent à toucher certains groupes, en raison de la stigmatisation ou de l’absence de messages adaptés.
Premièrement, la transmission volontaire du VIH n’est pas seulement un crime, c’est une menace pour la santé publique. Chaque nouvelle contamination représente un coût humain et économique pour la société. Deuxièmement, la réponse pénale, bien que nécessaire, ne suffit pas. Elle doit s’accompagner d’une éducation renforcée, dès le plus jeune âge, sur les risques liés aux rapports non protégés et sur l’importance du dépistage et du traitement. Enfin, la stigmatisation des personnes séropositives, notamment dans les communautés marginalisées, aggrave le problème en décourageant le dépistage et l’accès aux soins.
Des cas similaires ont été documentés dans d’autres pays, comme en France ou au Canada, où la justice a dû intervenir pour sanctionner des comportements comparables. Ces exemples montrent que la transmission volontaire du VIH est un phénomène mondial, souvent lié à des lacunes dans l’éducation et à des inégalités d’accès à la santé.
La lutte contre le VIH ne peut se contenter de mesures répressives. Il est urgent de renforcer les programmes de prévention, d’améliorer l’accès aux traitements et de briser les tabous autour de la sexualité et de la maladie. La responsabilité individuelle est essentielle, mais elle doit être soutenue par une action collective : éducation, sensibilisation et solidarité. Sans cela, des drames comme celui de Keur Massar continueront de se produire, au détriment de la santé de tous.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 17/02/2026
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