Accord avec le FMI : Le véritable défi commence maintenant - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 09/09/2026 09:09:00

Accord avec le FMI : Le véritable défi commence maintenant

L’annonce récente d’un accord entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) a suscité des débats passionnés. Bougane Guèye Dany, leader de Gueum Sa Bopp, a résumé avec justesse la situation : « Un accord avec le FMI ne relancera pas l’économie. »

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Suite de l’article : Je partage cette analyse. Si cet accord, d’un montant de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, représente une avancée pour restaurer les équilibres macroéconomiques, il ne constitue qu’une étape. La véritable relance économique du Sénégal devra passer par des mesures concrètes, nationales et inclusives pour soutenir les entreprises, créer des emplois, et améliorer le pouvoir d’achat des citoyens.

Le Sénégal traverse une période économique délicate. Avec une dette publique révélée à 132 % du PIB fin 2024 (contre 74 % initialement annoncés), le pays fait face à une asphyxie de ses finances publiques. L’accord avec le FMI vise avant tout à rétablir la stabilité financière, assurer la viabilité de la dette, et renforcer la transparence budgétaire. Comme l’a souligné Mercedes Vera Martin, cheffe de la mission du FMI pour le Sénégal, cet accord doit aussi « favoriser la reprise des financements concessionnels », essentiels pour attirer à nouveau les investisseurs étrangers.

Cependant, la stabilité macroéconomique, aussi cruciale soit-elle, ne suffira pas à relancer une économie en panne. Le chômage touche 8,5 millions de personnes, et des secteurs clés comme le textile ou l’agroalimentaire subissent les conséquences d’un manque de liquidités et d’une baisse de la consommation. C’est ici que je rejoins Bougane Guèye Dany : le FMI ne peut pas, à lui seul, redynamiser l’économie.

L’accord avec le FMI ouvre une « fenêtre d’opportunités », comme le reconnaît lui-même Bougane Guèye Dany. Il permet de dégager des marges budgétaires et de rassurer les partenaires internationaux. Pourtant, ses bénéfices resteront limités sans un plan national de relance économique associant l’État, le secteur privé et les partenaires sociaux.

Prenons un exemple concret : le gouvernement a annoncé le déblocage de 300 milliards de FCFA pour régler les créances dues aux entreprises. C’est une mesure bienvenue, mais insuffisante. 25 % des recettes de l’État sont déjà consacrées au service de la dette en 2026. Dans ce contexte, comment financer des investissements massifs dans les infrastructures, l’éducation, ou la santé ? La réponse ne peut venir que d’une stratégie nationale globale, combinant rigueur budgétaire et investissements ciblés.

Le paiement des créances de l’État (300 milliards de FCFA) est un premier pas, mais il faut aller plus loin. Les PME et les startups sénégalaises ont besoin d’un accès facilité au crédit, de subventions pour l’innovation, et d’un environnement réglementaire plus favorable. Sans cela, la relance économique restera un vœu pieux.

Le Sénégal compte sur la jeunesse pour son avenir. Or, le chômage des jeunes atteint des niveaux record. Un plan national doit inclure des programmes de formation professionnelle, des incitations à l’embauche, et des partenariats public-privé pour les secteurs porteurs (énergies renouvelables, numérique, agro-industrie).

La vie chère est une préoccupation majeure. Baisser le coût de l’électricité, comme évoqué par le ministre Cheikh Diba, est une piste. Mais il faut aussi contrôler l’inflation, subventionner les produits de première nécessité, et renforcer les filets sociaux pour les populations les plus vulnérables.

Le Sénégal a tous les atouts pour devenir un hub industriel et agricole en Afrique de l’Ouest. Pourtant, trop de produits de consommation courante sont encore importés. Un plan national doit prioriser les chaînes de valeur locales, en soutenant les industries transformatrices et en réduisant la dépendance aux importations.

Regardons du côté du Rwanda ou de la Côte d’Ivoire. Ces pays ont su utiliser les accords avec le FMI comme un tremplin pour des réformes structurelles. Le Rwanda, par exemple, a combiné rigueur budgétaire et investissements massifs dans le numérique et les infrastructures, ce qui a permis une croissance annuelle moyenne de 7 % avant la pandémie. La Côte d’Ivoire, de son côté, a mis en place un plan national de développement ambitieux, avec des résultats tangibles en matière de création d’emplois et de diversification économique.

Le Sénégal peut s’inspirer de ces exemples. L’accord avec le FMI est un levier, mais c’est à nous, Sénégalais, de définir les priorités et de les mettre en œuvre avec détermination.

Je suis convaincu que Bougane Guèye Dany a raison : un accord avec le FMI ne relancera pas, à lui seul, l’économie sénégalaise. Il offre jedoch une bouffée d’oxygène et une crédibilité retrouvée auprès des investisseurs. Mais pour transformer cette opportunité en réalité, il faut un plan national de relance économique audacieux et inclusif.

Ce plan doit :
Soutenir les entreprises par des mesures concrètes (accès au crédit, paiement des créances, simplification administrative). Créer des emplois en investissant dans les secteurs porteurs et en formant la jeunesse. Améliorer le pouvoir d’achat en contrôlant l’inflation et en subventionnant les produits essentiels. Encourager la production locale pour réduire la dépendance aux importations.

Le FMI peut être un partenaire précieux, mais la solution doit venir de nous. C’est à l’État, au secteur privé et à la société civile de travailler main dans la main pour bâtir un Sénégal plus prospère et plus résilient. L’avenir de notre économie est entre nos mains.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 09/09/2026

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