ONU : Pourquoi Macky Sall mérite encore d’être défendu - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 04/10/2026 12:10:15

ONU : Pourquoi Macky Sall mérite encore d’être défendu

Le quatrième vote indicatif pour désigner le prochain secrétaire général des Nations unies vient de livrer un signal difficile à ignorer. Macky Sall n’a recueilli que cinq voix « encourage », contre neuf « décourage » et une « sans opinion ».

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Suite de l’article : À l’inverse, la Costaricaine Rebeca Grynspan arrive en tête avec dix voix favorables, trois défavorables et deux sans opinion. Ces résultats ne constituent toutefois pas un vote définitif : ils servent à mesurer les dynamiques au sein du Conseil de sécurité.

Alors oui, le résultat est décevant pour ceux qui espéraient voir un Africain accéder à la tête de l’ONU. Mais faut-il pour autant considérer la candidature de Macky Sall comme déjà condamnée ? Non. Et c’est précisément là que le débat mérite d’être posé.

Personnellement, je considère qu’il n’a rien à perdre. Sa candidature permet au moins de remettre sur la table une question que l’on évite trop souvent : quelle place réelle veut-on donner aux préoccupations du Sud dans la gouvernance mondiale ?

L’ONU parle régulièrement de réforme, de multilatéralisme, de représentation équitable et de rééquilibrage des institutions internationales. Pourtant, la sélection de son secrétaire général reste profondément liée aux rapports de force diplomatiques du Conseil de sécurité. Le secrétaire général est officiellement nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité. Et les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto.

On peut débattre des qualités de chaque candidat, de son parcours ou de son projet pour l’ONU. Mais il serait naïf de croire que ce type de compétition repose uniquement sur les compétences individuelles. Les équilibres géographiques, les alliances diplomatiques, les rapports de force et les attentes des grandes puissances jouent également leur rôle. Les votes indicatifs eux-mêmes ne permettent pas de savoir quels membres permanents ont voté contre tel ou tel candidat.

La situation rappelle d’autres grandes compétitions internationales. Dans la course à la direction d’organisations multilatérales, les candidats ne sont jamais évalués uniquement sur leur CV : le soutien des États, les équilibres régionaux et les compromis diplomatiques peuvent devenir déterminants. Dans cette élection onusienne, la dynamique latino-américaine est particulièrement visible, avec Rebeca Grynspan et Carolyn Rodrigues-Birkett parmi les candidates les mieux placées. La question d’une première femme à la tête de l’ONU est également devenue un élément important du débat international.

Mais attention à ne pas transformer cela en procès contre Grynspan ou contre les candidatures latino-américaines. Sa première place actuelle est un fait politique et diplomatique, pas la preuve d’une quelconque manœuvre contre l’Afrique.

En revanche, une chose devrait interpeller les Africains : si nous voulons que le Sud pèse davantage dans les institutions internationales, nous devons aussi apprendre à défendre collectivement nos candidatures.

Macky Sall peut encore poursuivre sa campagne, défendre son projet et porter cette ambition. Les résultats actuels ne garantissent ni sa victoire ni son élimination. Le processus reste ouvert.

Et même si sa candidature n’aboutissait pas, le Sénégal et l’Afrique ne devraient pas considérer cette démarche comme inutile. La bataille pour une ONU plus représentative ne se résume pas à un nom. Elle concerne une question beaucoup plus profonde : qui décide réellement des grandes orientations du monde, et quelle voix est accordée aux pays du Sud ?

C’est cette question-là que nous devons continuer à poser, sans naïveté, mais sans résignation.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 04/10/2026

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