Franchement, ces députés me font de la peine. Pas parce qu’ils se disputent. Le désaccord fait partie de la démocratie. Pas parce qu’ils défendent des camps différents. C’est précisément leur rôle.
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Suite de l’article : Mais parce qu’on en arrive encore à des invectives, des accusations et des plaintes entre parlementaires, alors que le pays attend d’eux des débats sérieux sur les problèmes qui concernent directement les Sénégalais.
Le 30 septembre 2026, une vive tension a opposé le député Abdou Mbow, membre de Takku Wallu Sénégal, et Ousmane Fall, député du groupe Pastef. Les deux camps présentent des versions différentes de l’incident survenu dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Takku Wallu affirme qu’Abdou Mbow aurait été pris à partie et insulté. Pastef soutient, de son côté, qu’Abdou Mbow avait auparavant multiplié les incidents en séance malgré des rappels à l’ordre. Les deux camps annoncent désormais des démarches judiciaires. Et c’est justement là que je dis : quel dommage !
Une Assemblée nationale n’est pas un ring. Ce n’est pas un endroit où l’on vient régler des comptes personnels. C’est une institution où des élus doivent confronter des idées, défendre des propositions, contrôler l’action publique et voter des lois. Quand les invectives prennent le dessus sur les arguments, c’est le travail parlementaire qui perd.
Le plus triste, c’est que pendant que certains parlementaires s’écharpent, des textes importants continuent d’attendre l’attention de la représentation nationale. Pastef affirme notamment que les incidents risquaient de détourner l’attention d’une proposition de loi consacrée à la santé en milieu carcéral.
On peut évidemment être dans l’opposition et être très dur. On peut critiquer le gouvernement, dénoncer une décision, contester une politique ou interpeller violemment sur le fond. Mais il faut rester sur le terrain des arguments. Sinon, à quoi sert le débat parlementaire ?
Regardons ce qui se passe ailleurs. En Inde, les affrontements politiques au Parlement prennent régulièrement la forme de perturbations des séances. En décembre 2024, les deux chambres avaient été suspendues après plusieurs jours d’interruptions provoquées par des élus de l’opposition qui réclamaient notamment un débat sur les accusations visant le groupe Adani. En décembre 2023, des dizaines de députés avaient également été suspendus après des perturbations.
La comparaison est intéressante : lorsqu’un Parlement devient principalement un lieu de confrontation permanente, le risque est toujours le même : les sujets de fond passent au second plan.
Au Sénégal, nous n’avons pas besoin d’une Assemblée nationale transformée en théâtre de querelles. Nous avons besoin de députés capables de se répondre durement, mais avec des arguments. Capables de s’opposer sans s’insulter. Capables de défendre leur camp sans oublier qu’ils représentent d’abord une institution de la République.
Les plaintes annoncées permettront, si nécessaire, à la justice d’examiner les faits reprochés. Mais politiquement, une autre question demeure : combien de temps allons-nous encore accepter que nos représentants donnent plus de spectacle que de débat ?
Ces députés me font de la peine, oui. Parce que derrière leurs querelles, c’est l’image de l’Assemblée nationale qui prend des coups. Et cette image appartient à tous les Sénégalais.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 06/10/2026
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