Sonko et le bilan 2024-2026 : L’heure des comptes - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 08/10/2026 12:10:20

Sonko et le bilan 2024-2026 : L’heure des comptes

Le débat politique sénégalais mérite mieux que les invectives et les règlements de comptes. Pourtant, les dernières déclarations de Lansana Gagny Sakho relancent une question lourde : que s’est-il réellement passé au sommet de l’État entre 2024 et 2026 ?

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Suite de l’article : Lors de l’Université d’hivernage de Kiiraay, il a affirmé que Ousmane Sonko avait été démis de ses fonctions de Premier ministre en raison de son « incompétence », tout en mettant directement en cause le bilan économique de son passage à la Primature.

Il faut le dire franchement : une accusation aussi grave ne peut pas être réglée par des « saganté », des insultes ou des déclarations politiques. Si des éléments existent pour démontrer les raisons précises d’un limogeage, alors qu’ils soient publiés, vérifiés et discutés. Dans une République, les citoyens ont besoin de chiffres, de documents et d’explications, pas simplement de formules choc.

Lansana Gagny Sakho affirme que le Sénégal serait resté « bloqué » entre 2024 et 2026 et que le PRES n’aurait atteint qu’une faible partie de ses objectifs. Cette critique intervient alors que des analyses récentes ont effectivement relevé des difficultés importantes autour des recettes, de la dette, du financement et de l’exécution du plan de redressement. Mais entre constater des résultats insuffisants et attribuer personnellement chaque difficulté à un responsable politique, il existe une différence que le débat public ne devrait pas effacer.

Autre sujet explosif : les contrats. Sakho critique notamment la rupture d’un contrat associé à Kosmos et estime qu’invoquer la souveraineté ou le patriotisme ne suffit pas à garantir la crédibilité de l’État. Sur ce point, le débat dépasse largement la personne d’Ousmane Sonko. Un État peut parfaitement vouloir renégocier un contrat qu’il juge défavorable. Mais il doit alors expliquer les raisons juridiques, économiques et financières de sa décision, ainsi que les conséquences pour les finances publiques et les investisseurs.

L’expérience d’autres pays montre pourquoi cette question est sensible. Au Ghana, les inquiétudes concernant la prévisibilité des contrats ont été suffisamment importantes pour alimenter des critiques sur le climat d’investissement. À l’inverse, les autorités ghanéennes mettent aujourd’hui en avant la protection juridique et la stabilité contractuelle pour attirer de nouveaux capitaux.

Le Sénégal connaît d’ailleurs un débat comparable depuis l’arrivée du nouveau pouvoir : l’audit et la volonté de revoir certains contrats énergétiques ont été présentés comme nécessaires par les autorités, tandis que des observateurs ont alerté sur le risque d’incertitude pour les investisseurs.

Alors, assez de slogans. Si le PRES a échoué, montrons précisément où, pourquoi et à cause de quelles décisions. Si certains contrats ont été mal négociés, publions les éléments permettant de le démontrer. Et si le départ d’un Premier ministre répondait à des raisons précises, les citoyens ont le droit de connaître les faits.

Le Sénégal n’a pas besoin d’une nouvelle bataille de personnes. Il a besoin d’une bataille de chiffres, de transparence et de responsabilité. C’est seulement à ce prix que le débat politique pourra sortir des accusations et revenir à l’essentiel : les résultats et l’intérêt public.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 08/10/2026

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