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Récemment, le ministre de l’Énergie du Sénégal, Birame Souleye Diop, a annoncé une réduction des tarifs de l’électricité pour les ménages à faibles revenus et les petits professionnels. Bien que cette initiative puisse sembler positive à première vue, il est normal de se demander si la SENELEC pourra réellement absorber ces coûts sans conséquences néfastes sur les finances publiques à long terme. Ce questionnement soulève des inquiétudes quant à la viabilité de cette mesure.
Le Sénégal fait face à des défis économiques importants, notamment en matière d’accès à l’énergie. Les ménages à faibles revenus, souvent déjà en difficulté, se retrouvent confrontés à des factures d’électricité qui pèsent lourdement sur leur budget. La décision de réduire les tarifs pour ces groupes semble être une réponse nécessaire à cette crise, mais elle pourrait également masquer des problèmes plus profonds au sein du système énergétique sénégalais.
Dans son annonce, le ministre a évoqué deux options pour la baisse des prix de l’électricité : une approche structurelle via l’utilisation du gaz et une solution conjoncturelle où la SENELEC absorberait les coûts. Cette dernière approche, bien que séduisante dans un premier temps, soulève des doutes quant à sa durabilité. En effet, la promesse d’une prise en charge des coûts par la SENELEC sans impact sur le niveau de la subvention semble irréaliste. À l’instar d’un pompier qui éteint le feu sans s’attaquer à la source, cette solution ne fait qu’apporter un répit temporaire sans résoudre les problèmes structurels sous-jacents.
Premièrement, la capacité de la SENELEC à absorber ces coûts sans affecter les finances publiques est hautement contestable. L’entreprise, déjà en proie à des difficultés financières, pourrait voir sa situation se détériorer davantage. Deuxièmement, les ressources de l’État étant limitées, le financement de cette mesure pourrait nécessiter des coupes dans d’autres secteurs essentiels, tels que l’éducation ou la santé. Enfin, une telle politique pourrait créer une dépendance à des subventions qui, à long terme, ne seraient pas soutenables.
Il est raisonnable de s’interroger sur la viabilité de cette stratégie à long terme. La promesse d’une réduction des tarifs de l’électricité doit être mise en perspective avec la réalité économique du pays. Les précédentes initiatives similaires ont souvent conduit à des résultats mitigés, laissant les citoyens déçus et les finances publiques dans une situation précaire. La comparaison avec d’autres pays de la région, qui ont tenté des approches similaires sans succès durable, illustre le risque encouru par le Sénégal.
Des études montrent que les subventions énergétiques, bien qu’initialement bénéfiques pour les ménages, peuvent engendrer des déséquilibres économiques à long terme. Par ailleurs, l’absence d’une transition énergétique efficace vers des sources renouvelables pourrait exacerber la dépendance aux combustibles fossiles, augmentant ainsi la vulnérabilité économique du pays.
Bien que la réduction des tarifs de l’électricité pour les ménages à faibles revenus et les petits professionnels puisse sembler une mesure louable, elle soulève des questions cruciales sur la capacité de la SENELEC à soutenir une telle politique sans impacts négatifs sur les finances publiques. Il est impératif que les décideurs évaluent les conséquences à long terme de leurs choix, plutôt que de se concentrer sur des solutions à court terme.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Ndeye Yacine P.
Mis en ligne : 16/12/2025
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