L'horreur des enlèvements au Nigeria : Le gouvernement reste sourd - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 22/12/2025 08:12:45

L'horreur des enlèvements au Nigeria : Le gouvernement reste sourd

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L’angoisse des familles d’enfants enlevés au Nigeria se transforme en colère face à l’absence de réponse efficace du gouvernement. Deux semaines après l’attaque du pensionnat catholique St Mary à Papiri, où 303 élèves et 12 membres du personnel ont été kidnappés, l’incertitude demeure. Seuls cinquante enfants ont réussi à s’échapper, tandis que les parents vivent dans l’attente insoutenable de nouvelles de leurs enfants. La situation met en lumière une indifférence préoccupante des autorités face à la détresse de ces familles.

Le Nigeria est en proie à une insécurité persistante, exacerbée par des enlèvements fréquents, notamment depuis le rapt des 276 lycéennes de Chibok en 2014. L’attaque de St Mary, l’une des plus graves de ces dernières années, a révélé les failles du système de sécurité en place. Malgré la déclaration d’état d’urgence sécuritaire par le président Bola Tinubu, les familles estiment que les mesures prises sont largement insuffisantes. Le conseiller à la sécurité nationale a affirmé que « les enfants vont bien et seront bientôt de retour », mais sans fournir de preuve tangible, laissant les familles dans le flou.

Les familles des enfants enlevés se sentent abandonnées, témoignant d’une défaillance systémique dans la gestion de la sécurité. Emmanuel Bala, président de l’association des parents d’élèves, a exprimé son désespoir : « Nous n’avons reçu aucune information ». Ce sentiment d’abandon est renforcé par la lenteur des démarches administratives. Après l’attaque, les parents ont dû se rendre eux-mêmes aux autorités pour enregistrer les disparitions, une situation qui témoigne d’un manque de soutien institutionnel. La police, quant à elle, a révisé le nombre d’enfants captifs à 215, tout en admettant que la liste est incomplète, ce qui souligne l’inefficacité des efforts de recherche.

Le drame de Papiri s’inscrit dans un contexte plus large d’enlèvements d’enfants au Nigeria, avec au moins 1 800 élèves enlevés depuis 2014, selon les mouvements de défense des droits humains. Amnesty International a alerté sur l’impact dévastateur de ces violences sur l’éducation, avec près de 20 500 écoles fermées dans le nord du pays. Dans un pays où près de 20 millions d’enfants ne sont pas scolarisés, la peur des enlèvements fragilise encore davantage un système éducatif déjà affaibli. Les familles, en quête désespérée de réponses, se heurtent à une bureaucratie inefficace et à une indifférence gouvernementale qui ne fait qu’accroître leur souffrance.

L’indifférence du gouvernement face à la détresse des familles des enfants enlevés est particulièrement frappante. Alors que les familles vivent dans l’angoisse et l’incertitude, les autorités semblent se concentrer sur des déclarations rassurantes sans actions concrètes. La mobilisation du mouvement BringBackOurGirls, qui a émergé après le rapt de Chibok, souligne cette défaillance systémique. Les parents, déjà éprouvés par la douleur de l’absence de leurs enfants, doivent faire face à une administration qui ne semble pas comprendre l’urgence de la situation.

Les statistiques sur les enlèvements d’enfants au Nigeria révèlent une crise alarmante. Entre 2014 et 2023, le pays a connu une augmentation significative des actes de violence ciblant les écoles et les enfants. Selon les Nations Unies, l’éducation est gravement compromise, et la fermeture des écoles ne fait qu’aggraver la situation. Les familles des victimes de Papiri ne sont pas seules dans leur désespoir; elles font partie d’une réalité tragique qui touche de nombreuses communautés au Nigeria.

Les familles d’enfants enlevés à Papiri vivent une épreuve déchirante, abandonnées à leur sort par un gouvernement qui semble indifférent à leur désespoir. Alors que l’absence de nouvelles et d’actions concrètes persiste, la colère et l’inquiétude des familles grandissent. Ce drame est un appel à une prise de conscience collective sur la nécessité de protéger les enfants et de restaurer la confiance dans les institutions chargées de leur sécurité.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Aly Haidara.
Mis en ligne : 22/12/2025

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