La lutte contre le paludisme : Un combat perdu d'avance - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Santé | Par Eva | Publié le 01/01/2026 11:01:00

La lutte contre le paludisme : Un combat perdu d'avance

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Lors d’un atelier de sensibilisation tenu à Dakar, des collectivités territoriales ont réaffirmé leur engagement à lutter contre le paludisme, avec un objectif ambitieux d’élimination de la maladie d’ici 2030. Cependant, cette promesse soulève des interrogations quant à sa viabilité et à la solidité des fondements qui la soutiennent. Malgré des avancées notables dans la lutte contre le paludisme, les défis financiers et organisationnels demeurent préoccupants.

Le paludisme reste une maladie endémique dans de nombreux pays africains, y compris le Sénégal, où des efforts significatifs ont été déployés pour réduire son incidence. Selon des données récentes, l’incidence du paludisme a chuté de plus de 40 % entre 2015 et 2023, ce qui témoigne des progrès réalisés grâce à des initiatives coordonnées. Toutefois, ces résultats positifs doivent être nuancés par les réalités du terrain, où le manque de ressources financières et la nécessité d’une mobilisation communautaire soutenue continuent de poser des problèmes majeurs.

Les élus locaux, en collaboration avec des acteurs de la santé et de la société civile, ont mis en avant la nécessité d’un financement décentralisé pour soutenir la lutte contre le paludisme. Cette approche, bien qu’innovante, repose sur des promesses qui semblent parfois déconnectées des réalités budgétaires. En effet, les acteurs de la santé soulignent que les moyens financiers actuels sont insuffisants pour combler les lacunes observées au niveau communautaire. L’implication des maires est cruciale, mais leur capacité à mobiliser des ressources reste limitée par des contraintes administratives et financières.

Les promesses des élus locaux concernant l’élimination du paludisme d’ici 2030 manquent de fondement solide pour plusieurs raisons. D’une part, la dépendance à l’égard de financements extérieurs, notamment du Fonds Mondial, pose la question de la durabilité de ces engagements. D’autre part, la coordination entre les différents acteurs, bien que mise en avant, reste souvent inefficace, avec des initiatives qui peinent à se traduire par des actions concrètes sur le terrain. Les déclarations optimistes, telles que celles du Dr Ibrahima Diallo, qui qualifie l’objectif d’élimination comme « réalisable », doivent être mises en balance avec les réalités des systèmes de santé locaux, souvent en proie à des difficultés structurelles.

Les promesses d’élimination du paludisme en 2030, bien que motivantes, semblent souvent irréalistes au regard des défis persistants. La nécessité d’une synergie d’actions entre toutes les parties prenantes est soulignée, mais la mise en œuvre de cette synergie reste problématique. Le manque de ressources financières et l’absence d’un cadre clair pour la mobilisation des acteurs locaux compromettent les chances de succès. Les élus locaux, bien qu’engagés, doivent faire face à des obstacles qui rendent cet objectif ambitieux difficile à atteindre.

Des études montrent que pour atteindre l’élimination du paludisme, il est essentiel de renforcer les infrastructures de santé et d’améliorer la formation des personnels soignants. Par ailleurs, des pays ayant réussi à réduire significativement l’incidence du paludisme, comme le Rwanda, ont investi massivement dans des programmes de prévention et de traitement, illustrant ainsi l’importance d’un engagement à long terme et soutenu. En comparaison, les efforts du Sénégal, bien que prometteurs, doivent encore surmonter des défis financiers et organisationnels importants pour espérer atteindre les objectifs fixés.

Les engagements des élus locaux pour l’élimination du paludisme d’ici 2030, bien que louables, manquent de fondements solides face aux défis persistants. La réalité sur le terrain, marquée par des contraintes budgétaires et une coordination parfois inefficace, soulève des doutes quant à la faisabilité de ces promesses. Une approche réaliste et ancrée dans les réalités locales est indispensable pour véritablement lutter contre cette maladie et améliorer la santé des populations.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Fatoumata Faye.
Mis en ligne : 01/01/2026

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