Coup d’État ou manipulation ? : Embalo, l’ex-président contesté - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Emmanuel | Publié le 03/01/2026 08:01:45

Coup d’État ou manipulation ? : Embalo, l’ex-président contesté

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Umaro Sissoco Embalo, ancien président de la Guinée-Bissau, se retrouve au cœur d’un imbroglio politique qui soulève de nombreuses interrogations. Alors qu’il aspirait à une réélection, il est désormais accusé par ses opposants d’avoir orchestré un coup d’État fictif pour dissimuler une défaite électorale. Ce retournement de situation met en lumière un parcours tumultueux, marqué par des ambitions politiques et des allégations de dérives autoritaires.

Le 26 novembre, à la veille de l’annonce des résultats de l’élection présidentielle, un coup d’État militaire a eu lieu, balayant Umaro Sissoco Embalo du pouvoir. Ce dernier, qui s’était présenté comme le « nettoyeur » de la corruption et de l’inefficacité administrative, se retrouve désormais exilé à Rabat, après avoir fui son pays. Ce coup d’État, qualifié par l’opposition de manœuvre orchestrée pour maintenir son clan au pouvoir, a vu le général Horta N’Tam, un proche de l’ancien président, prendre les rênes du pays.

Umaro Sissoco Embalo est souvent décrit comme un homme de réseaux, ayant su naviguer dans les arcanes du pouvoir guinéen. Politologue de formation, il a su s’imposer dans un milieu où il n’était pas initialement pris au sérieux. Son ascension fulgurante dans les années 2000, marquée par son passage au sein du PAIGC et sa nomination en tant que Premier ministre, témoigne de sa capacité à tisser des alliances. En 2019, il surprend en remportant la présidence face à son ancien parti, démontrant ainsi son habileté à rallier les voix nécessaires à sa victoire.

Cependant, son mandat a été entaché par des accusations de dérives antidémocratiques. Dès son arrivée au pouvoir, Embalo a mis en œuvre une diplomatie active, multipliant les voyages à l’étranger pour renforcer son influence. Pourtant, en Guinée-Bissau, il est accusé de vouloir s’emparer des institutions. En 2022, il échappe à une tentative de coup d’État avant de dissoudre l’Assemblée nationale, la qualifiant de foyer de complots. L’année suivante, une nouvelle tentative de putsch, dont l’authenticité est contestée, lui permet de remanier le gouvernement et de s’attribuer les ministères clés de la Défense et de l’Intérieur.

Le calendrier des élections présidentielles, fixé au 23 novembre 2025, suscite également des tensions, certains y voyant une manœuvre pour prolonger son mandat. Le PAIGC, traditionnellement fort, est exclu des élections par la Cour suprême, une situation sans précédent depuis l’indépendance. Ces événements soulèvent des questions sur la sincérité des intentions d’Embalo, qui se présentait comme un défenseur de la démocratie tout en adoptant des comportements de plus en plus autoritaires.

Le coup d’État du 26 novembre, que l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan a qualifié de « cérémonial », est perçu par de nombreux observateurs comme une farce politique. Les résultats des élections restent incertains, la commission électorale étant dans l’incapacité de publier les résultats en raison de l’intervention d’hommes armés. La pression internationale, notamment de la part de la Cédéao et d’organisations de la société civile, se renforce pour réclamer la libération des opposants et la transparence des résultats électoraux.

Umaro Sissoco Embalo, en tentant de maintenir son emprise sur le pouvoir, a mis en péril sa légitimité et son avenir politique. Les accusations qui pèsent sur lui témoignent d’un profond malaise au sein de la Guinée-Bissau, où la quête de pouvoir semble l’emporter sur les principes démocratiques. Alors qu’il navigue dans un contexte de tensions croissantes, son retour en politique semble de plus en plus compromis, laissant planer un doute sur l’avenir de la démocratie dans ce pays.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Tapha Gaye.
Mis en ligne : 03/01/202
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