Les enjeux cachés derrière la CAN : Un manque de respect inacceptable - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Sport | Par Emmanuel | Publié le 03/01/2026 11:01:45

Les enjeux cachés derrière la CAN : Un manque de respect inacceptable

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La Coupe d’Afrique des Nations (CAN), qui débute le 21 décembre au Maroc, est souvent perçue comme un événement de seconde zone, malgré les affirmations opposées de figures comme Habib Beye, entraîneur du Stade Rennais. Ce dernier souligne l’importance croissante de la compétition, mais la réalité semble parfois contredire cette vision. Les enjeux organisationnels, la libération tardive des joueurs et la perception des clubs européens pèsent lourdement sur l’image de la CAN, qui mérite pourtant une considération égale à celle de l’Euro ou de la Coupe du Monde.

La CAN, fondée en 1957, est l’un des tournois les plus anciens du football international. Elle rassemble les meilleures sélections africaines et a vu son niveau de jeu s’élever ces dernières années, avec une homogénéité croissante parmi les équipes participantes. Cependant, le tournoi souffre d’une image de compétition secondaire, souvent éclipsée par d’autres événements sportifs majeurs. Les clubs européens, en particulier, semblent privilégier leurs compétitions internes, reléguant la CAN au second plan.

L’évolution de la CAN est indéniable, comme le souligne Beye, qui évoque la montée en puissance de nations comme le Cap-Vert, capable de rivaliser avec les grandes équipes. Pourtant, cette reconnaissance ne se traduit pas toujours par un soutien adéquat. La libération des joueurs par les clubs reste un point de friction. À titre d’exemple, les joueurs sont souvent libérés seulement quelques jours avant le début de la compétition, ce qui complique la préparation des équipes. Ce manque de temps de préparation est préjudiciable à la performance des sélections, et ce constat est renforcé par des événements récents où des équipes ont dû composer avec des joueurs épuisés par une première partie de saison intense.

Le débat sur la légitimité de la CAN est exacerbé par des choix organisationnels discutables. L’édition 2023 a été déplacée pour privilégier la Coupe du Monde des Clubs, un choix qui témoigne d’un manque de respect envers la CAN. La suggestion de Beye d’accorder un minimum de dix à quinze jours de préparation pour les sélections est pertinente. Dans le contexte d’une compétition de cette envergure, il est essentiel que les équipes puissent se préparer correctement. Les clubs européens doivent également prendre conscience que pour de nombreux joueurs, la CAN représente l’aboutissement de leur carrière et mérite une attention équivalente à celle des compétitions européennes.

Malgré les efforts de promotion et les discours valorisants, la CAN continue d’être perçue comme un événement secondaire. Les exemples de joueurs africains brillants dans des clubs européens ne suffisent pas à changer cette perception. La pression financière et les droits TV en baisse en Ligue 1 témoignent d’un besoin urgent de réévaluation de la place de la CAN dans le paysage footballistique mondial. En comparaison, des compétitions comme l’Euro bénéficient d’une couverture médiatique et d’une reconnaissance qui échappent encore à la CAN.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : les audiences télévisées de la CAN, bien que croissantes, ne rivalisent pas avec celles des compétitions européennes. En 2021, la finale de l’Euro a attiré plus de 30 millions de téléspectateurs en France, tandis que la CAN peine à atteindre des chiffres similaires. De plus, l’absence de stars dans certaines éditions a souvent conduit à une baisse d’intérêt. En dépit de ces défis, des équipes comme le Sénégal, champion en titre, et le Maroc, pays hôte, pourraient redynamiser l’intérêt pour le tournoi.

La CAN, malgré son riche héritage et ses récents succès, continue de lutter pour obtenir la reconnaissance qu’elle mérite sur la scène internationale. Les défis organisationnels, la perception des clubs européens et la nécessité d’une meilleure préparation des équipes sont autant de facteurs qui contribuent à son image de compétition secondaire. Habib Beye a raison de défendre la valeur de la CAN, mais il est crucial que les acteurs du football, des clubs aux instances dirigeantes, prennent des mesures concrètes pour rehausser le statut de ce tournoi essentiel pour le football africain.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pierre M.
Mis en ligne : 03/01/2026

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