Nouvelles sanctions routières : Une oppression déguisée ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 03/01/2026 08:01:45

Nouvelles sanctions routières : Une oppression déguisée ?

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Le projet de modernisation du transport routier, présenté récemment par le ministre des Transports terrestres, Yancoba Diémé, pourrait sembler prometteur à première vue. Cependant, derrière cette façade se cache une réalité préoccupante : les nouvelles amendes et sanctions risquent d’être perçues comme une énième oppression par une population déjà frustrée par un système qui peine à répondre à ses attentes. La promesse d’un avenir meilleur dans le secteur des transports est assombrie par le poids d’un passif lourd et d’une gestion qui laisse à désirer.

Le secteur des transports au Sénégal est en proie à des défis majeurs. Insécurité routière, vieillissement du parc automobile, et infrastructures défaillantes ne sont que quelques-unes des problématiques qui hantent ce domaine crucial. Les récentes annonces du ministre, bien que louables, soulignent une réalité amère : les solutions proposées semblent davantage axées sur la répression que sur l’accompagnement des usagers. Alors que le gouvernement promet un renouvellement de 2 500 taxis et la mise en place de mesures de sécurité routière, la question se pose : ces initiatives suffiront-elles à apaiser une population déjà exaspérée par des années de négligence ?

L’annonce de sanctions renforcées, comme la généralisation de la vidéo-verbalisation pour des infractions majeures, s’inscrit dans une logique punitive qui pourrait se retourner contre les autorités. Au lieu de favoriser un climat de confiance et de coopération entre les usagers et les forces de l’ordre, ces mesures risquent d’alimenter un sentiment d’injustice. Les usagers, déjà accablés par des amendes jugées excessives, pourraient voir ces nouvelles sanctions comme une forme de contrôle étouffant, plutôt qu’un véritable effort pour améliorer la sécurité routière.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le budget du ministère des Transports pour 2026 dépasse les 335 milliards de FCFA, mais la question de son efficacité se pose. Investir dans des infrastructures modernes est essentiel, mais le manque de régulation et l’absence de décrets d’application pour des secteurs comme le transport scolaire ou les VTC laissent un vide juridique qui n’est pas comblé par des amendes. La promesse d’un statut de chauffeur professionnel, bien qu’importante, semble être une tentative de masquer des lacunes dans la gestion globale du secteur.

En parallèle, la population, déjà frustrée par un système jugé injuste, pourrait voir ces nouvelles amendes comme une simple façon de remplir les caisses de l’État. Par exemple, l’augmentation des amendes pour des infractions comme l’excès de vitesse ou l’utilisation du téléphone au volant pourrait sembler justifiée, mais elle ne prendra en compte ni les réalités économiques des usagers ni l’absence de solutions alternatives. Le risque est grand que ces mesures ne fassent qu’accroître le ressentiment des citoyens envers un système qu’ils perçoivent comme déconnecté de leurs réalités.

Les nouvelles amendes et sanctions, loin d’être des solutions, pourraient aggraver la situation. La population, déjà en proie à des frustrations face à un système qui semble ignorer ses préoccupations, pourrait voir ces mesures comme une nouvelle forme de pression. Dans un contexte où la confiance envers les institutions est fragile, la mise en place de sanctions sans accompagnement adéquat risque de créer un fossé encore plus grand entre le gouvernement et les citoyens. Les usagers ont besoin de sentir qu’ils sont soutenus, non pas écrasés par des règles strictes qui ne tiennent pas compte de leur réalité quotidienne.

Des études ont montré que dans des contextes similaires, des mesures répressives sans éducation et sensibilisation adéquates n’ont pas conduit à une amélioration significative de la sécurité routière. Au contraire, elles ont souvent exacerbé le ressentiment et la méfiance envers les autorités. Les exemples de pays où des initiatives de sensibilisation ont été privilégiées montrent qu’un dialogue constructif entre les usagers et les autorités peut conduire à des résultats bien plus positifs.

Les promesses de modernisation du secteur des transports au Sénégal, bien qu’ambitieuses, risquent de se heurter à la réalité d’une population déjà fatiguée par des mesures jugées injustes. Les nouvelles amendes et sanctions, loin d’apporter des solutions, pourraient renforcer le sentiment d’oppression et d’incompréhension. Dans ce contexte, il est essentiel que les autorités réévaluent leur approche et privilégient un dialogue constructif plutôt que la répression. La route vers un avenir meilleur passe par la compréhension et le soutien, non par la sanction.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Sané.
Mis en ligne : 03/01/202
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