47 % des filles mariées avant 18 ans : L’alerte de l’UNICEF en Guinée - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 04/01/2026 01:01:15

47 % des filles mariées avant 18 ans : L’alerte de l’UNICEF en Guinée

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En Guinée, le mariage précoce constitue un enjeu majeur pour de nombreuses jeunes filles, en particulier dans les zones rurales. Malgré des avancées législatives et des efforts de sensibilisation, cette pratique continue d’entraver les rêves d’éducation et d’autonomie de ces adolescentes. Leurs destins semblent souvent scellés par des traditions ancrées et des pressions sociales, les contraignant à choisir entre l’école et le mariage.

Les statistiques de l’UNICEF sont révélatrices : près de 47 % des filles guinéennes sont mariées avant 18 ans, et 17 % avant 15 ans. Ces chiffres, alarmants, mettent en lumière une réalité particulièrement préoccupante dans les régions de Haute et Moyenne Guinée. Dans ces zones, la pauvreté et les normes culturelles pèsent lourdement sur les choix des familles, souvent au détriment des aspirations des jeunes filles.

À Kankan, Mariama, 15 ans, illustre tragiquement cette réalité. Son père a décidé qu’elle devait épouser un cousin, arguant que cela garantirait son avenir. Les larmes de Mariama, ignorées par son entourage, symbolisent la douleur de milliers de jeunes filles contraintes d’abandonner l’école. Pour beaucoup de familles, le mariage est synonyme de sécurité économique et d’évitement de la honte liée à une grossesse hors mariage. Cette logique, cependant, piège les filles dans un cycle de dépendance, comme le souligne Aïssatou Bah, éducatrice dans une ONG locale.

Le mariage précoce est soutenu par un ensemble complexe de traditions, de croyances religieuses et de précarité économique. Dans certaines communautés, une fille non mariée à 15 ans est perçue comme un fardeau, et la pression pour éviter le déshonneur conduit souvent à des unions précoces. Le sociologue Abdoul Karim Diallo observe que cette pratique est profondément ancrée dans la société guinéenne et qu’elle est souvent justifiée par des arguments religieux. Cependant, au-delà des croyances, il s’agit également d’une question de contrôle social et de survie économique pour de nombreuses familles.

Bien que la législation guinéenne fixe l’âge légal du mariage à 18 ans, cette loi est souvent contournée. Les mariages sont célébrés dans la discrétion, parfois avec la complicité de chefs religieux, rendant difficile l’application des lois existantes. Une magistrate du Parquet pour Enfants de Conakry souligne le fossé entre la loi et la réalité, où les traditions locales prennent souvent le pas sur les décisions judiciaires. Cela crée un climat d’impunité qui perpétue le mariage précoce et ses conséquences néfastes sur la vie des filles.

Il est essentiel de reconnaître que l’éducation est un vecteur d’émancipation pour ces jeunes filles. En abandonnant l’école, elles se privent de leurs chances d’acquérir des compétences et de devenir autonomes. L’éducation permettrait non seulement d’améliorer leur condition personnelle, mais également de contribuer au développement de leur communauté. Les efforts pour sensibiliser les familles à l’importance de l’éducation des filles doivent être renforcés, tout comme l’application des lois qui protègent leurs droits.

Le dilemme du mariage précoce en Guinée rurale soulève des questions cruciales sur l’avenir des jeunes filles. Alors que la législation existe pour les protéger, la réalité sur le terrain reste préoccupante. Les traditions et les pressions économiques continuent de dicter leur destin, souvent au détriment de leur éducation et de leur autonomie. Il est impératif d’agir pour changer cette dynamique et permettre à ces jeunes filles de rêver d’un avenir meilleur, loin des contraintes du mariage précoce.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Lamine Ndiaye.
Mis en ligne : 02/01/202
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