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Les auditions de Tahirou Sarr et de Farba Ngom au Pool judiciaire financier ne sont pas simplement une affaire de justice. Elles mettent en lumière une problématique bien plus profonde : l’absence de responsabilité dans la gestion des fonds publics. Alors que les deux hommes se défendent avec une verve inébranlable, affirmant la légalité de leurs transactions, le grand public est en droit de se demander si cette légalité cache une opacité inquiétante. Comment peut-on accepter sans sourciller que des sommes colossales, comme les 125 milliards de francs CFA évoqués, puissent être manipulées sans que quiconque ne soit réellement tenu pour responsable ?
La Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) a révélé des flux financiers d’une ampleur inédite, soulevant des interrogations sur l’intégrité des pratiques financières au sein de notre système. Sarr et Ngom, figures emblématiques de cette affaire, se présentent comme des victimes d’une machination, mais leur défense soulève des doutes. Ils évoquent la traçabilité de leurs mouvements financiers et la régularité de leurs transactions immobilières. Pourtant, ces affirmations sont-elles suffisantes pour balayer d’un revers de main les préoccupations légitimes qui entourent la gestion des fonds publics ?
L’audition des deux hommes met en exergue une réalité troublante : la frontière entre légalité et moralité est souvent floue dans le monde des affaires. Leur défense, axée sur la traçabilité et la légitimité, pourrait être perçue comme une tentative de détourner l’attention des véritables enjeux. En effet, la question de la responsabilité individuelle dans la gestion des fonds publics reste en suspens. Comme le disait le célèbre juriste français Robert Badinter, « La loi ne suffit pas à garantir la justice ». Il est impératif que les citoyens ne se laissent pas berner par des discours qui masquent une réalité plus complexe.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 125 milliards de francs CFA, c’est l’équivalent de plusieurs budgets annuels d’institutions publiques essentielles. Dans un contexte où les ressources sont limitées et où chaque franc compte, la gestion de ces fonds devrait être scrutée avec une rigueur sans faille. Les transactions immobilières, bien qu’elles puissent être légales, ne doivent pas occulter la nécessité d’une transparence totale. La comparaison avec d’autres pays où des scandales similaires ont éclaté, entraînant des réformes profondes, devrait inciter à une réflexion sérieuse sur notre propre système.
L’audition de Sarr et Ngom soulève des questions cruciales sur l’absence de responsabilité dans la gestion des fonds publics. Comment peut-on justifier une telle opacité dans les transactions financières ? Les citoyens ont le droit de savoir comment l’argent public est utilisé, et il est temps que des mesures soient prises pour garantir une transparence totale. Les répercussions de cette affaire pourraient être bien plus vastes que ce que l’on imagine, et il est impératif que les décideurs prennent conscience de l’importance de rendre des comptes.
Des études montrent qu’une gestion transparente des fonds publics est non seulement une question de morale, mais aussi un facteur clé de la confiance des citoyens envers leurs institutions. Le manque de responsabilité peut mener à un désengagement civique, à une perte de confiance et, finalement, à une détérioration de la démocratie. Les exemples de pays ayant mis en place des systèmes de contrôle efficaces, comme le Danemark ou la Nouvelle-Zélande, illustrent que des solutions existent et doivent être adoptées.
Les auditions de Tahirou Sarr et de Farba Ngom ne doivent pas être perçues comme un simple événement judiciaire, mais comme une occasion de remettre en question notre rapport à la responsabilité publique. Si la légalité des transactions est indéniable, la moralité de leur gestion reste sujette à caution. Il est temps de revendiquer une transparence totale et de s’assurer que ceux qui manipulent les fonds publics soient tenus responsables de leurs actes. Le débat est lancé, et il appartient à chacun d’entre nous de s’y engager.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ousmane Ba.
Mis en ligne : 04/01/2026
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