Déficit de médecins et diplômés au chômage : Le paradoxe sénégalais - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Santé | Par Eva | Publié le 05/01/2026 11:01:45

Déficit de médecins et diplômés au chômage : Le paradoxe sénégalais

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Le système de santé au Sénégal est confronté à un paradoxe préoccupant : alors que le pays est en proie à un déficit de médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes, de nombreux jeunes diplômés peinent à trouver un emploi. Ce constat met en lumière les défis liés à la préparation des étudiants aux réalités du marché du travail. Le secrétaire général du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames), Mamadou Demba Ndour, a récemment souligné cette incohérence lors d’un congrès national à Dakar.

Le Sénégal, selon les normes internationales, présente des ratios de professionnels de santé alarmants. Le pays souffre d’un manque de médecins et de spécialistes, ce qui nuit à l’accès aux soins pour la population. Parallèlement, des centaines de jeunes diplômés formés localement se retrouvent sans emploi ou dans des situations précaires. Ce double constat interroge sur l’efficacité de la formation dispensée dans les facultés de santé, ainsi que sur la capacité du système à intégrer ces jeunes talents.

La fuite des cerveaux est souvent attribuée à des conditions de travail insatisfaisantes et à une rémunération jugée insuffisante. Cependant, il est essentiel de considérer la préparation des étudiants face aux exigences du marché. Les jeunes professionnels de santé se retrouvent face à une réalité où les postes disponibles ne correspondent pas à leurs attentes de carrière. Selon Mamadou Demba Ndour, « l’hôpital public sénégalais n’est pas attractif », ce qui incite de nombreux praticiens à chercher des opportunités à l’étranger ou dans le secteur privé, souvent mieux rémunéré.

Le constat est d’autant plus alarmant que le chômage des jeunes diplômés en santé contraste avec le besoin criant de main-d’œuvre dans les structures publiques. Les jeunes médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes, formés pour répondre aux besoins du système de santé, se voient contraints d’accepter des contrats précaires, voire inadaptés à leur niveau de qualification. Ce phénomène souligne une inadéquation entre la formation reçue et les exigences du marché, ce qui peut être perçu comme un échec du système éducatif à préparer efficacement les étudiants à leur future carrière.

La mauvaise préparation des étudiants aux réalités du marché du travail est un facteur clé dans la fuite des cerveaux. Les jeunes diplômés, malgré leur formation, ne trouvent pas d’emplois à la hauteur de leurs compétences. Les attentes salariales et les conditions de travail dans le secteur public n’incitent pas ces professionnels à rester dans le pays. Cette situation met en lumière l’importance d’une révision des programmes éducatifs pour mieux aligner les compétences acquises avec les besoins du système de santé national.

Des études montrent que les pays ayant investi dans l’amélioration de la formation des professionnels de santé voient une diminution de la fuite des cerveaux. Par exemple, des pays comme le Maroc et l’Algérie ont mis en place des programmes de formation continue et des incitations à l’emploi qui ont permis de retenir leurs talents. Au Sénégal, la mise en œuvre de politiques visant à améliorer l’attractivité des postes dans le secteur public pourrait également contribuer à endiguer ce phénomène.

Le paradoxe du déficit de médecins et du chômage des jeunes professionnels de santé au Sénégal souligne des enjeux cruciaux liés à la préparation des étudiants. La nécessité d’une réforme du système éducatif et d’une amélioration des conditions de travail est évidente pour favoriser l’intégration des jeunes diplômés dans le marché du travail. En agissant sur ces leviers, le Sénégal pourrait non seulement retenir ses talents, mais également renforcer son système de santé pour le bénéfice de l’ensemble de la population.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Dame Ndiaye.
Mis en ligne : 05/01/202
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