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La pollution plastique est devenue un fléau mondial, et le Sénégal n’échappe pas à cette réalité. Avec plus de 350 000 tonnes de déchets plastiques produits chaque année, dont seulement 15 % sont recyclés, la situation est alarmante. Les récentes déclarations du Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr El Hadj Abdourahmane DIOUF, lors d’un atelier national, soulignent un engagement officiel, mais cette promesse semble déconnectée des véritables enjeux.
L’atelier d’évaluation de la loi n°2020-04, qui vise à réguler les produits plastiques, s’est tenu dans un contexte où les impacts négatifs de la pollution plastique sur l’environnement, la santé publique et l’économie sont de plus en plus visibles. Les autorités sénégalaises, sous l’impulsion du Président de la République et du Premier Ministre, ont réaffirmé leur volonté de renforcer le cadre juridique. Cependant, la question se pose : ces efforts sont-ils suffisants face à l’ampleur de la crise ?
L’engagement des autorités à lutter contre la pollution plastique est louable, mais il reste à démontrer sa concrétisation. Le constat est amer : les mesures actuelles ne semblent pas adaptées à la réalité du terrain. Les recommandations de l’atelier évoquent une révision nécessaire de la loi pour inclure les préoccupations de tous les acteurs, mais la mise en œuvre de ces recommandations reste floue. La lutte contre le péril plastique nécessite une approche holistique, intégrant des dimensions sociales, culturelles, économiques et environnementales.
Il est essentiel de souligner que les actions de sensibilisation et de mobilisation des acteurs, bien que mentionnées, manquent de précisions et d’initiatives concrètes. La comparaison avec d’autres pays qui ont réussi à réduire leur pollution plastique, comme le Rwanda, où des lois strictes ont été mises en place, met en lumière l’inefficacité des mesures sénégalaises. En outre, les participants à l’atelier ont insisté sur l’importance de mesures d’accompagnement pour favoriser un changement durable des comportements, mais ces mesures restent à définir.
Les autorités semblent déconnectées des véritables enjeux, laissant la pollution plastique s’aggraver sans solutions concrètes. Les discours politiques se succèdent, mais les actions tangibles se font attendre. Il est inquiétant de constater que, malgré les alertes répétées, les efforts déployés restent largement insuffisants pour endiguer cette crise. La prise de conscience est là, mais sans une volonté politique forte et des mesures audacieuses, la situation risque de se détériorer davantage.
Des études récentes révèlent que le Sénégal pourrait perdre jusqu’à 1,5 % de son PIB à cause de la pollution plastique si aucune action n’est entreprise. De plus, les conséquences sur la santé publique, notamment l’augmentation des maladies liées à la pollution, sont alarmantes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : chaque année, des millions de dollars sont perdus en raison de la dégradation de l’environnement. Il est impératif que les autorités prennent conscience de l’urgence de la situation et agissent en conséquence.
La lutte contre la pollution plastique au Sénégal est à un tournant. Bien que les déclarations officielles laissent entrevoir une volonté de changement, les actions concrètes font défaut. Les autorités doivent impérativement se reconnecter aux réalités du terrain et adopter des mesures efficaces pour faire face à cette crise. La survie de l’environnement et la santé publique en dépendent.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Kader Diop.
Mis en ligne : 05/01/2026
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